SÉMINAIRES ET WEBINAIRES D'ÉQUIPE, DE FORMATION ET DE RECHERCHE

Ces séminaires de recherche sont organisés et animés par les chercheurs·euses et enseignant·es-chercheurs·euses de l'IREMAM. Les séminaires sont classés par date de première séance.

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Photo © Julien Loiseau

D’Alexandrie à l’Abyssinie : textes, images et objets entre l’Égypte copte et la Corne de l’Afrique chrétienne au Moyen Âge

Coordonné par Martina Ambu, doctorante, Paris 1 et Damien Labadie, chargé de recherche au CNRS (CIHAM).

Argumentaire

Ce séminaire, organisé dans le cadre du projet ERC COG HornEast, est consacré à l’étude de la circulation des textes, images et objets entre l’Égypte copte et la Corne de l’Afrique chrétienne (Nubie et Éthiopie) durant le Moyen Âge (VIIe-XVe s.). En prenant pour objets d’étude les productions littéraires, iconographiques et matérielles qui circulèrent et se diffusèrent entre les chrétiens d’Égypte, de Nubie et d’Éthiopie à l’époque médiévale, ce séminaire de recherche présente un triple objectif.

Premièrement, il s’agira de documenter la diversité et la richesse des transferts culturels et interactions intellectuelles entre l’Égypte et la Corne de l’Afrique, en soulignant la vitalité des échanges, notamment littéraires, des chrétientés nubienne et éthiopienne avec le monde copte durant tout le Moyen Âge. Deuxièmement, le séminaire tâchera de renouveler en profondeur la question des liens unissant le christianisme égyptien à celui de la Corne de l’Afrique ; alors que les études entrevoient traditionnellement les relations entre l’Égypte et la Corne de l’Afrique comme celui d’un simple rapport de subordination institutionnelle, le séminaire s’emploiera à étudier l’originalité et la singularité des créations littéraires et iconographiques des chrétiens nubiens et éthiopiens, qui recomposent et remanient des modèles égyptiens en vue d’élaborer des œuvres inédites. Enfin, troisièmement, il s’agira de comprendre comment, au prisme des supports littéraires et artistiques, les chrétientés égyptienne, nubienne et éthiopienne se forgent une identité nouvelle dans le contexte de l’avènement de l’islam. Devenant une religion minoritaire qui s’arabise progressivement, à travers quelles expressions littéraires et iconographiques le christianisme copte interagit-il dorénavant avec le christianisme de la Corne de l’Afrique, et de quelles manières ce dernier évolue-t-il et se distingue-t-il dans ce nouveau contexte politique, religieux et linguistique dans lequel vivent les chrétiens d’Égypte ? Ce séminaire s’efforcera ainsi de répondre à ces interrogations et explorer l’ensemble des problématiques précédemment exposées.

Ce séminaire mettra un accent tout particulier sur la question des productions textuelles et de leur circulation entre l’Égypte et la Corne de l’Afrique. On examinera les divers genres de texte (littéraires, normatifs, liturgiques, etc.), leur production, leur diffusion et leur usage, depuis l’Égypte jusqu’à la Nubie et l’Éthiopie. On s’intéressera tout particulièrement à la question des traductions, en vieux-nubien et en guèze, de textes grecs, coptes et arabes produits dans l’Égypte chrétienne. Un volet spécifique sur les enjeux liés au vaste mouvement de traductions de l’arabe en guèze, à partir du XIIIe siècle en Éthiopie, pourra être également ouvert. La connaissance de l’arabe par les lettrés éthiopiens, le rôle de la cour patriarcale ou encore l’activité des scriptoria monastiques représentent autant de pistes de recherche au sujet de la question des traductions en guèze de textes arabes chrétiens à l’époque médiévale. Inversement, les traductions du guèze en arabe, à l’instar de la Vie de Takla Hāymānot, ainsi que, plus largement, la circulation de textes guèzes en Égypte pourront faire l’objet d’examens plus approfondis. Outre ces problématiques d’histoire des pratiques de l’écrit, ce séminaire offrira un lieu de discussions sur des questions philologiques relatives à l’édition de textes guèzes et vieux-nubiens, notamment de textes traduits sur la base d’originaux arabes, coptes ou grecs.

Un autre pan du séminaire aura pour objet la circulation des images et des objets. Il s’agira d’examiner la diffusion de motifs iconographiques égyptiens et leur transposition en Nubie et en Éthiopie, à la fois dans l’art monumental, l’enluminure ou le textile. Un questionnement similaire pourra aussi s’ouvrir sur les objets, en particulier les objets à usage liturgique, et leur adaptation aux exigences cultuelles propres aux chrétiens de Nubie et d’Éthiopie. L’examen des documents archéologiques, joint à celui des sources textuelles et iconographiques, contribuera également à enrichir les discussions et éclairer les problématiques soulevées. L’objectif sera ainsi d’explorer les transformations et les traits spécifiques de l’art religieux nubien et éthiopien qui, réélaborant en partie des modèles d’origine copte, s’impose au Moyen Âge comme un des plus originaux du continent africain.

Ce séminaire constituera, au sein de l’IREMAM, un lieu d’échanges unique autour de la documentation textuelle et iconographique, et permettra ainsi de croiser les questionnements et les méthodes issus de différentes disciplines comme la philologie, l’histoire de l’art et l’anthropologie religieuse.

Les communications produites dans le cadre de ce séminaire seront publiées dans un volume collectif.

Calendrier 2020-2021

Mardi 21 janvier 2020, 14h, MMSH, salle André Raymond.
Martina Ambu, doctorante, Paris 1, « Circulation et vénération des saints : le cas de Taklâ Haymânût al-Habashî. »

Mardi 11 février 2020, 14h, MMSH, salle André Raymond.
Damien Labadie, post-doctorant du programme ERC HornEast, « Le mémoire apostolique copte et ses versions vieux-nubiennes. »

Mardi 16 février 2021, 14h-16h (heure de Paris), en visio Zoom.
Jan Dochhorn (Université de Durham), « Mashafa Malâekt, A Bêta Esrâêl Apocryphon: Manuscripts, Problems of Edition, Prehistory. »

Mardi 20 avril 2021, 10h-12h30 (heure de Paris), en visio Zoom.
Alexandros Tsakos, « Religious Literacy in Christian Nubia. »
Vincent van Gerven Oei, « Translation Traditions in Makuria. »

Mardi 1er juin 2021, 14h-17h30 (heure de Paris), en visio Zoom.
14h-14h45
Magdalena Wozniak, « Les relations entre Égypte et Nubie médiévale par le prisme des textiles : diplomatie, commerce, costume des élites »
14h45-15h : questions et discussion
15h-15h45
Nafisa Valieva, « Ascension of Lālibalā : textual analysis of the unedited part of the Life of Lālibalā »
15h45-16h : questions et discussion
16h-16h30 : pause
16h30-17h15
Daria Elagina, « Case Study of Knowledge Transmission: Translation of the Chronicle of John of Nikiu to Ethiopic »
17h15-17h30 : questions et discussion

Mardi 15 juin 2021, 10h30-12h (heure de Paris), en visio Zoom.
Artur Obłuski, "Next to the cradle or far away. What was the relation between Nubian and Egyptian monastic movements ?"

Marché de Bethlehem, Cédric Parizot

Photo : marché de Bethlehem © Cédric Parizot, 2008

Responsables : Julien Loiseau, Cédric Parizot et Sbeih Sbeih.

Ce séminaire interrogera les modalités de construction de la Palestine comme objet d’étude et leurs effets sur la structuration du champ de la recherche.

Cette démarche est nécessaire dans un contexte où le conflit israélo-palestinien continue de structurer fortement les cadres à travers lesquels nous pensons, nous analysons et nous représentons la Palestine. En confrontant des travaux récents d’historiens, d’anthropologues, de politistes, de sociologues, de géographes ou de littéraires nous fixons deux objectifs principaux. D’une part, il s’agira de mettre en évidence les multiples constructions spatiales et temporelles auxquelles renvoie la Palestine et les dépayser. D’autre part, nous nous efforcerons de développer une réflexion critique sur nos propres approches, méthodes et objets de recherche.

Calendrier des séances 2020

Mercredi 29 janvier 2020, 14h-16h, MMSH, salle André Raymond.
Taher Labadi économiste, postdoctorant LabexMed, Lest/Iremam, « Faire économie sous blocus dans la bande de Gaza ».

Le blocus de la bande de Gaza ainsi que les guerres successives menées par Israël au cours de la dernière décennie ont entrainé une grave crise économique et humanitaire sur cette portion du territoire palestinien. S’ajoute à cela un contexte de fracture politique interne entre le Hamas qui gouverne la bande de Gaza et l’Autorité palestinienne établie en Cisjordanie. J’examine certaines pratiques et politiques inédites du gouvernement de Gaza sous blocus qui nous renseignent sur le caractère à la fois éminemment conflictuel et nécessairement précaire des tentatives d’adaptation, d’autonomisation et de régulation de l’activité économique en temps de guerre.

Mercredi 12 février 2020, 14h-16h, MMSH, salle André Raymond.
« La diplomatie des villes en Palestine ».
Marion Lecoquierre, géographe, TELEMMe, Aix-Marseille Université, CNRS, « Entre stratégies politiques locales et mise en réseaux transnationale ».

Dans un contexte de globalisation, mais aussi de délitement des alliances traditionnelles et de défiance croissante vis-à-vis des institutions nationales et internationales, les villes deviennent des acteurs de premier plan sur la scène globale. Le développement des relations « transmunicipales » ou de « ville à ville » fait émerger des formes de gouvernance reposant non plus seulement sur les États mais aussi sur la concertation et l’influence des gouvernements locaux. Cette nouvelle « gouvernance des villes » est souvent illustrée par le rôle de certaines métropoles particulièrement puissantes, ces « villes globales » que sont New York ou Londres par exemple. Cette activité internationale concerne pourtant également des villes qui ne jouent apparemment aucun rôle de premier plan dans la hiérarchie urbaine mondiale.

Un récent travail de terrain réalisé à Hébron a par exemple démontré la pertinence du sujet en Palestine. Je m’intéresse ainsi aux dynamiques et aux enjeux de la diplomatie des villes dans le contexte palestinien : j’évoquerai les premiers résultats d’une enquête portant sur le rôle politique des villes palestiniennes au niveau international, à travers leur implication dans des accords de coopération ou d’échange bilatéraux, et leur participation à des réseaux transnationaux multilatéraux. L’analyse se concentre sur les objectifs et les stratégies déployés par les villes palestiniennes et leurs villes partenaires, l’articulation entre les différents niveaux de gouvernance et les impacts locaux mais aussi globaux de cette politique d’internationalisation municipale.

Mercredi 1er avril 2020, 14h-16h, MMSH, salle André Raymond.
« Sociohistoire des diplomates palestiniens ».
Romain Damien, Ater en science politique, CHERPA, Sciences Po Aix, « Introduction à une sociohistoire des diplomates palestiniens ».

L’échec de la diplomatie palestinienne à s’imposer face au « plan du siècle » de Donald Trump souligne les limites d’une stratégie internationale élaborée depuis plusieurs décennies par les dirigeants de l’OLP et ce malgré l’élargissement de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Cette reconnaissance est le fruit de négociations politiques mais aussi d’un long travail de représentation auprès des différents Etats et institutions internationales. Mon travail de thèse porte sur des acteurs souvent oubliés des sciences sociales de ce processus : les diplomates palestiniens. L’objet de ma recherche est notamment de reconstituer la sociohistoire de ces porte-paroles de la cause palestinienne à l’international à travers la question de la professionnalisation de cette activité de représentation. En retraçant leur parcours, je tente de démontrer que le rôle de ces représentants ne se limite à celui d’intermédiaire mais qu’ils participent directement à la construction de la représentation politique du peuple palestinien. Dès lors, l’un des enjeux de ma thèse que je présenterais à ce séminaire est de s’interroger sur les effets de la professionnalisation de ces diplomates sur la représentation de la cause palestinienne à l’international. 

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Photo : café Bahri © Iris Seri-Hersch

Responsables : Norig Neveu et Amélie Chekroun
Les séances ont lieu les lundis de 13h30 à 16h30 à la MMSH et sont ouvertes à toutes et tous.

Programme 2020-2021

14 septembre 2020, MMSH, salle 5
Juliette Dumas, IREMAM, COMEMOTT, « Collective memories of the Ottomans (18th - 21th c.) »

12 octobre 2020, MMSH, salle 6
Hayri Gökşin Özkoray, TELEMMe, « Comment passer de l’histoire de l’esclavage à l’histoire du travail dans l’Empire ottoman ? »
Séverine Gabry-Thienpont, IDEMEC, « #Turāṯ. Réflexions sur l’archivage et la composition des musiques du monde arabe »

9 novembre 2020, en distanciel via Zoom
Nafisa Valieva, IREMAM, « Recherches historiques et philologiques autour du roi Lalibela, Ethiopie, XIIe-XIIIe »
Saphia Arezki, IREMAM, « La décennie 1990 en Algérie : expériences et géographies de la guerre civile »

7 décembre 2020, MMSH, salle 101 et en distanciel via Zoom
Annalaura Turiano, EFR, « La fabrique de la bienfaisance : institutions, pratiques et réseaux transnationaux, Egypte, Syrie et Palestine, 1880-1960 »
Antoine Perrier, Casa de Velázquez, « États et sociétés au Maghreb : l’assistance aux pauvres (XIXe-XXe siècles) »

11 janvier 2021, MMSH, salle Duby et en distanciel via Zoom
Iris Seri-Hersch, IREMAM, « L’espace comme entrée et objet d’une enquête historienne : Kabāra, Palestine/Israël (1870-2020) »
Malika Assam, IREMAM, « Les marges de l’Etat dans les archives coloniales : le cas de la Kabylie, 1919-1962 »

8 février 2021, MMSH, salle 101 et en distanciel via Zoom
Remi Dewière, Université de Warwick, « Dirhams bornouans ? Diplomatie, indépendance économique et monnaie au Sahel Central (19e siècle) »
Nathan Peres, IREMAM, « La tendre mère : l’alliance israélite universelle et la formation identitaire des juifs du Liban (1943-1975) »

8 mars 2021, MMSH, salle Duby et en distanciel via Zoom
Igor Dorfmann-Lazarev, IREMAM, « Les contacts arméno-kurdes dans la vallée du Kur du onzième au douzième siècle et la naissance de la tradition juridique arménienne »

12 avril 2021, en distanciel via Zoom
Marianna Ghiglia, IREMAM, « Journalistes en quête d’eux-mêmes : une socio-histoire des professionnels de l’information en Égypte (1941 à nos jours) »

Norig Neveu, IREMAM, "Grammars of preaching : model, cartography, materiality, Middle East / Europe (19th-21st centuries)". Présentation du dossier de candidature ANR. Dépôt de la phase 2 pour le 26 avril. Lien vers les 4 pages du dossier déposé en phase 1

17 mai 2021, en distanciel via Zoom
Sobhi Bouderbala, maître assistant en Histoire, Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, titulaire de la Chaire Averroès (IMéRA/A*MIDEX-AMU), « Naissance d’une monnaie impériale : le dinar et le dirham à l’époque umayyade (fin VIIe siècle) »
Olga Lizzini, IREMAM, « Le prince à la cour. Une introduction à Ibn Sīna (Avicenne, d. 1037) »

7 juin 2021, MMSH, salle André Raymond et en visio Zoom
Mohamed Ouerfelli, IREMAM, « Echanges diplomatiques entre pays d’Islam et monde latin (XIIe-XVe siècle). »

En savoir plus sur le pôle Histoire et islamologie : objets et pratiques

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Photo © Aurélia Dusserre

Responsables : Aurélia Dusserre, Julien Loiseau, Nicolas Michel, Mohamed Ouerfelli, Hayri Gökşin Özkoray et Camille Rhoné-Quer

Programme en cours d’actualisation.  

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Photo : Beyrouth 2009 © Myriam Catusse

Responsables : Myriam Catusse et Thomas Pierret. Les séances ont lieu un vendredi de chaque mois de 14h à 16h et sont ouvertes à toutes et tous.

Programme 2020-2021

18/06/2021, 14h-16h, MMSH, salle 4
Pierre France (Université Paris 1) : « La longue fin du ‘DG’ (1960-2020) et des rêves d’État : éléments pour une histoire des élites administratives et de l’appareil d’État au Liban ». Lien vers l’évènement Facebook

04/06/2021, 14h-15h30, en visio Zoom.
Thomas Serres : « Le Mouvement Rachad entre victimisation, abjection et subversion ». Lien vers l’évènement Facebook

28/05/2021, 14h-15h30, MMSH, en visio Zoom
Cédric Parizot (Iremam) : « Israël-Palestine, au seuil de la frontière : redéplier les espaces israélo-palestiniens ». Lien vers l'évènement Facebook

21/05/2021, 14h-16h, MMSH, en visio Zoom
Laurence Dufresne-Aubertin (IREMAM/CHERPA) : « Les relations de genre dans les interactions quotidiennes avec l’administration en Algérie ». Lien vers l'évènement Facebook

19/03/021, 14h-15h30, en visio Zoom
Myriam Benraad, (ILERI, chercheuse associée à l’IREMAM) : « Un puissant désir de vengeance : évaluations, motivations et action violente du mouvement État islamique après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi ». Lien vers l’évènement Facebook

12/02/2021, 14h-16h, en visio Zoom
Zoé Carle (Université Paris 8) : « Poétique du slogan révolutionnaire. Comment analyser les actes de langage contestataires ? » Lien vers l’évènement Facebook

22/01/2021, 14h-16h, MMSH, salle 4 (séance annulée)
Nadia Hachimi (Cherpa) : « Gouverner l’incertitude. Les walis de Casablanca (2001-2015) »

11/12/2020, 14h-16h, MMSH, salle 7
Hugo Darroman (Iremam) : « Unitelefilm et l’Institut du Cinéma Palestinien (1967-1982). Les échanges cinématographiques entre militants italiens et organisations révolutionnaires palestiniennes ». Lien vers l’évènement Facebook

20/11/2020, 14h-16h, MMSH, salle 6
Sarah Tonsy (Université Côte d’Azur et chercheuse associée à l’Iremam) : "Mobilization and Symbols: the case of Egypt".

02/10/2020, 14h-16h, MMSH, salle 7
Éric Gobe (Iremam) : « Justice et réconciliation dans le Maghreb post-révoltes arabes ».

25/09/2020, 14h-16h, MMSH, salle 6
Paul Rollier (University of St. Gallen) : « La Vierge en partage : dévotion mariale et pluralisme religieux au Pakistan ».

En savoir plus sur le pôle Sciences sociales du contemporain 

Livre & mam

 

Livres & MAM est un cycle d’entretiens organisé par l’IREMAM et la médiathèque de la MMSH avec les auteur·e·s d’ouvrages académiques récents sur les mondes arabes et musulmans. Les séances sont visibles sur la chaîne Youtube de l’IREMAM et réécoutables en podcast sur Anchor et les principales plateformes (SpotifyGoogle PodcastsPocket CastsRadio Public et bientôt d’autres). 

Programme 2020-2021

Mardi 1er décembre 2020, 13h-14h, Livres & MAM accueille Francesco Saverio Leopardi (Université Ca’ Foscari, Venise/Université de Bologne), auteur de The Palestinian Left and Its Decline. Loyal Opposition, Palgrave MacMillan, 2020. Entretien animé par Thomas Pierret

Francesco Saverio Leopardi analyse le déclin du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) depuis son départ du Liban suite à l’invasion israélienne de 1982. Il met en lumière les contradictions d’une stratégie combinant loyauté à l’Organisation de Libération de la Palestine et opposition au Fatah. Cette stratégie, avance l’auteur, a empêché le FPLP de se renouveler idéologiquement et de proposer un véritable projet contre-hégémonique. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : PAL 320 SAV).

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Mardi 19 janvier 2021, 14h-15h, Livres & MAM accueille Mériam Cheikh (Inalco) autour de son livre Les filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2020. Entretien animé par Myriam Catusse

Au Maroc, l’expression « filles qui sortent » désigne celles qui fréquentent les night-clubs et les bars la nuit pour gagner leur vie. Au-delà du fait prostitutionnel, le « sortir » renvoie aussi plus largement aux distances qu’une partie de la jeunesse féminine des classes populaires prend avec les normes, la moralité et la respectabilité. Loin d’être confiné à la marginalité, le sortir joue sa partition dans les métamorphoses de l’ordre sexuel et intime dans un contexte d’essor de l’économie du divertissement et d’accroissement des inégalités. Y émergent de nouvelles valeurs qui remettent en cause les régimes moraux et juridiques tout en réaffirmant l’ordre hétérosexuel. Cohabitant avec une dizaine de jeunes femmes engagées dans le sortir à Tanger, Mériam Cheikh a mené une ethnographie longitudinale sur sept ans. À l’intersection de la génération, du sexe et de la classe, elle analyse des trajectoires où se succèdent socialisations familiale et scolaire, élaboration de la sexualité et insertions professionnelle et matrimoniale. Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc revient sur l’expérience dans le sortir, de l’engagement au désengagement, croisant anthropologie urbaine, anthropologie économique et anthropologie du droit. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : MAR 306.8 CHE).

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Mardi 2 février 2021, 13h-14h, Livres & MAM accueille Laure Guirguis (Associate Prof. - Aias Fellow, à Aarhus Institute of Advanced Studies et chercheuse associée à l'IREMAM) autour de son livre The Arab Lefts. Histories and Legacies, 1950s – 1970s, Edinburgh University Press, 2020. Entretien animé par Vincent Geisser

Cet ouvrage collectif explore les histoires entremêlées des mouvements de gauche au Maghreb et au Machreq durant les "longues années soixante". Grâce à de nouvelles approches transnationales et générationnelles, il ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur la Guerre Froide et les luttes d’émancipation nationale. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : MUS 320 GUI).

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Mardi 16 février 2021, 13h-14h, Livres & MAM accueille Thomas Hegghammer (Norwegian Defence Research Establishment), The Caravan : Abdallah Azzam and the Rise of Global Jihad (Cambridge University Press, 2020). Entretien animé par Thomas Pierret

Abdallah Azzam, militant palestinien qui prit la tête des combattants arabes en Afghanistan dans les années 1980, joua un rôle crucial dans l’internationalisation du mouvement jihadiste. Assassiné dans des circonstances obscures à Peshawar (Pakistan) en 1989, il demeure l’un des idéologues jihadistes les plus influents à ce jour. Dans cette première biographie approfondie, Thomas Hegghammer explique comment Azzam a acquis ce statut et pourquoi le jihad s’est globalisé à ce moment précis de l’histoire. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : MUS 320 HEG).

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Mardi 2 mars 2021, 14h-15h, Livres & MAM accueille Youssef El Chazli (Crown Center for Middle East Studies, Boston/ERC DREAM) pour évoquer Devenir révolutionnaire à Alexandrie. Contribution à une sociologie historique de surgissement révolutionnaire, Dalloz, 2020. Entretien animé par Myriam Catusse

Ce livre contribue à une sociologie historique du surgissement révolutionnaire en Égypte. Le surgissement révolutionnaire renvoie à une séquence d’interactions dont l’issue, contingente, peut donner lieu à un basculement général de l’ordre politique et amorcer ce faisant un processus de changement de régime. Afin de rendre compte des mécanismes concrets dont sont faites ces séquences, cette recherche se fonde sur l’étude des engagements de révolutionnaires et de novices dans la deuxième ville d’Égypte, Alexandrie, lors de la « révolution du 25 janvier 2011 ». Elle examine dans le détail les dilemmes pratiques et les microdécisions qui, pouvant paraître au départ comme marginaux, finissent par avoir des conséquences disproportionnées, mettant fin à un régime autoritaire vieux de plusieurs décennies. Faisant usage d’une multitude de sources et de données (entretiens, observations, traces numériques, revues de presse, corpus de photographies et de vidéos), cette thèse permet ainsi de renouveler notre compréhension des phénomènes révolutionnaires et de la manière dont ils émergent. Mais aussi, en contraste, à la manière dont peuvent s’opérer des sorties de crise et des processus de stabilisation politique. Plus précisément, on y voit comment, à rebours des analyses globalisantes et réifiantes des processus révolutionnaires, on ne peut comprendre la dynamique d’émergence d’une crise sans en revenir aux paramètres situationnels et, surtout, aux dynamiques locales de chaque cas. Par ailleurs, en focalisant l’attention sur la ville d’Alexandrie, cette thèse contribue à ouvrir un chantier de recherche sur cette grande métropole méditerranéenne qui reste sous-étudiée. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : EGY 320 CHA).

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Mardi 23 mars 2021, 14h-15h, Livres & MAM accueille Françoise Lorcerie (IREMAM), pour évoquer Éducation et diversité. Les fondamentaux de l’action (Presses Universitaires de Rennes, 2021). Entretien animé par Vanille Laborde (MESOPOLHIS).

Le mot "diversité" désigne ici, et cache tout à la fois, une réalité des sociétés nationales et une dimension des inégalités sociales. Il s’agit des inégalités matérielles et symboliques qui résultent du fait que certaines personnes, certains groupes sont perçus comme différents de l’identité majoritaire, en raison de leur origine ou de leur culture supposée. Ces inégalités peuvent prendre la forme de discriminations et de ségrégation. Elles affectent les personnes dans l’assurance de leur égale dignité. Ces inégalités liées à la catégorisation socio-ethnique, associée à la catégorisation socio-économique et à celle de genre, sont à l’œuvre dans l’institution scolaire, même si elle n’en est pas toujours à la source. Elles sont traduites voire amplifiées dans divers processus (sélection et auto-sélection, différenciation, orientation). La "diversité" questionne dès lors le principe universaliste égalitaire que l’Ecole a mission de promouvoir et d’incarner. Cet enjeu gagnerait donc à s’inscrire dans la formation des personnels, initiale et continuée, mais aussi dans la régulation de l’institution scolaire. Le livre offre une synthèse originale sur ces questions. Il a pour auteurs un collectif de chercheurs et formateurs spécialisés de quatre pays ou régions francophones : Belgique francophone, Suisse romande, Québec et France, associés dans un réseau dédié, le RIED (Réseau international Education et diversité), créé en 2013. Leur réunion dans le livre donne du relief au tableau des problèmes rencontrés et à l’étude des lignes d’action. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : 370 LOR).

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Mardi 18 mai 2021, 14h-15h, Livres & MAM accueille Philippe Bourmaud, Norig Neveu et Chantal Verdeil pour évoquer Experts et expertise dans les mandats de la Société des Nations : figures, champs et outils (Presses de l’Inalco, 2020). Entretien animé par Thomas Pierret

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De l’ère coloniale à celle des politiques publiques internationales dans les Suds, l’expertise a joué un rôle croissant dans l’ordre international au vingtième siècle. Notion paradoxale, réputée instrumentale en vue de l’information et de l’amélioration de l’action publique, elle englobe tout un champ de modalités opposées du savoir et de son énonciation. L’expertise se situe entre le savoir d’expérience et le savoir nomothétique abstrait, la recherche et l’autorité, elle est intéressante à étudier dans le cadre du premier système d’organisations internationales et de la crise concomitante des empires coloniaux.

Les mandats sont récemment devenus un des principaux points de convergence des questionnements sur la diffusion globale des normes à travers les instances internationales. L’expertise est lue comme l’un des signes d’un colonialisme tardif, codifié, et placé sous les regards convergents des savants, des États et des opinions publiques.

À travers les mandats de la Société des Nations, cet ouvrage scrute l’émergence de l’international comme cadre de prise de décision inter-étatique, ouverte et procédurale encadrant un monde de connexions, de flux et de structures enchevêtrés à diverses échelles. Il dépeint des figures d’experts et éclaire le jeu complexe qui s’institue entre ces experts et les institutions mandataires pour définir les normes de l’expertise. Il met en lumière leur contestation dans une dialectique asymétrique qui oppose experts et contre-experts, populations locales et autorités mandataires. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : 8-44291). 

Philippe Bourmaud, Maître de conférences (Université Jean Moulin - Lyon 3), a enseigné à Naplouse et a mené des recherches en histoire de la médecine au Proche-Orient. Il travaille aujourd’hui sur les constructions sociales de l’alcool dans le Moyen-Orient contemporain et sur la présence culturelle arabe à Istanbul à travers l’histoire.

Norig Neveu, Chargée de recherche (CNRS-IREMAM), a débuté ses recherches par une étude des lieux saints du sud de la Jordanie avant de travailler à une histoire connectée des autorités religieuses au Proche-Orient depuis la fin du xixe siècle. Elle s’intéresse aussi aux réseaux de solidarité dans le cadre de la migration.

Chantal Verdeil, Professeur des Universités (INALCO), a d’abord travaillé sur la mission jésuite au Liban puis sur les missions chrétiennes au Maghreb et au Moyen-Orient aux xixe et xxe siècles. Elle s’intéresse aujourd’hui à l’histoire de l’éducation au Proche-Orient.

Mardi 25 mai 2021, 14h-15h, Livres & MAM accueille Charlotte Courreye pour évoquer L’Algérie des Oulémas. Une histoire de l’Algérie contemporaine (1931-1991) (Editions de la Sorbonne, 2021). Entretien animé par Thomas Pierret

A travers une histoire sociale de l’Association des Oulémas musulmans algériens, de sa fondation en 1931 à sa réactivation dans l’Algérie des années 1990, ce livre retrace les débats autour de la construction de l’Etat, de la définition de l’islam et de la place de la langue arabe dans l’Algérie contemporaine. Fondé sur des sources en langues arabe et française, à partir d’un travail de terrain, il se propose de questionner les clichés courants liés à l’héritage de l’AOMA dans l’Algérie contemporaine. Les activités éducatives et religieuses de l’AOMA à la période coloniale, puis son positionnement dans la guerre d’indépendance ont conditionné l’insertion de ses membres dans l’Algérie postcoloniale. Les parcours de ses membres dirigeants donnent à voir les adaptations et les stratégies mises en oeuvre après la disparition formelle de l’association à l’indépendance. Si certains de ses cadres participent au gouvernement du parti unique FLN, au sein de l’Education nationale ou pour construire les bases de l’islam d’Etat, d’autres contestent publiquement le pouvoir socialiste au nom même de l’islam. Ils sont repris en cela par les mouvements islamistes naissants des années 1980. Les enjeux culturels, politiques, sociaux et économiques de l’Algérie postcoloniale sont étudiés dans cet ouvrage avec le souci constant de les resituer par rapport à l’histoire du monde arabe et musulman.

Charlotte Courreye est maître de conférences à l’université Lyon 3 Jean Moulin. Parmi ses récentes publications : Le Maghreb par les textes (Armand Colin, 2020), avec Augustin Jomier et Annick Lacroix.

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Mardi 15 juin 2021, 14h-15h, Livres & MAM accueille Boris James pour évoquer Genèse du Kurdistan. Les Kurdes dans l’orient mamelouk et mongol (1250-1340) (Editions de la Sorbonne, 2021). Entretien animé par Julien Loiseau

Au mitan du XIIIe siècle, la dynastie ayyoubide quittait le pouvoir en Égypte et bientôt en Syrie. Le sultanat de Saladin avait été caractérisé par une forte présence kurde à la fois au sein des armées du royaume et dans les plus hautes fonctions civiles politiques et judiciaires. Sa chute, au profit d’un groupe de militaires turcs d’origine servile, les Mamelouks, entraîna la marginalisation progressive des émirs et des notables kurdes. L’influence des Kurdes au sein de l’État mamelouk naissant fut bien réelle mais, au fur et à mesure qu’elle s’éteignait, elle se muait en une faible capacité de nuisance menant à de vaines conjurations. Les Kurdes n’eurent plus qu’une place politique périphérique dans l’Égypte et la Syrie du début du XIVe siècle. Que devenait alors la ’asabiyya kurde (« l’esprit de corps ») qui avait soutenu la dynastie ayyoubide ? La phase historique qui s’ouvrait marquait les débuts d’une reconfiguration de la place des Kurdes au Levant ainsi qu’aux marges des empires, au Kurdistan. Cet ouvrage a pour objet l’étude du processus pluriel de construction d’un territoire des Kurdes, entre l’Anatolie et le plateau iranien. Des tribus belliqueuses ont ancré leur histoire dans les montagnes de ce lieu refuge. Elles y ont établi l’ordre intra- et intertribal, matrice de leur autonomie. Les grands États du Moyen-Orient (Mamelouks et Ilkhanides mongols), quant à eux, ont entériné cet édifice et contribué de manière décisive aux transformations spatiales, par le pouvoir de nommer les lieux et de coopter les hommes. La convergence paradoxale de leurs politiques impériales rivales s’impose comme le facteur crucial d’une autochtonisation des Kurdes. L’ouvrage est empruntable et consultable à la médiathèque de la MMSH (cote : 8-44688).

Docteur en histoire, spécialiste de l’Islam médiéval et de l’histoire des mondes kurdes, Boris James est maître de conférences à l’université Paul Valéry – Montpellier 3. Il a été directeur de l’antenne de l’Institut français du Proche-Orient à Erbil (Kurdistan d’Irak).

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Responsables : Julien Loiseau et Cédric Parizot

Jeudi 17 décembre 2020, 10h-12h, en ligne. 
Pour vous inscrire et recevoir le lien de la visioconférence envoyer un mail à cedric.parizot [at] gmail.com

Theorizing Urban Space and Binational Sociality in Jewish-Arab “Mixed Towns”

Daniel Monterescu, Associate Professor of urban anthropology at the Department of Sociology and Social Anthropolog, Central European University, IMéRA (Aix Marseille université).

This presentation develops the analytic vocabulary needed to examine how urban space, Jewish-Arab sociality and local/national identities have been both represented and produced in ethnically mixed towns since the establishment of the state of Israel to the present. A bi-national borderland in which Arabs and Jews live together, these cities bring to the fore, on the one hand, the paradox of Palestinian citizens in a fundamentally Jewish state, while simultaneously suggesting, by the very spatial and social realization of “mixed-ness,” the potential imaginary of its solution. Through ethnographic and historical research centered in Jaffa, the argument posits mixed towns as a political and theoretical challenge to the hegemonic ethno-nationalist guiding principles of the Israeli state, which fails to maintain homogeneous, segregated and ethnically-stable spaces. This failure, I argue, results in the parallel existence of heteronomous spaces in these towns, which operate through multiple and often contradictory logics of space, class and nation. Analyzed relationally, these spaces produce peculiar forms of quotidian social relations between Palestinians and Israelis, enacting circumstantial coalitions and local identities that challenge both Palestinian and Jewish nationalisms. Overcoming the limitations of methodological nationalism, which can only describe such spaces as historical anomalies, the paper outlines the contours of a dialectic theory of socio-spatial relations in contested cities.

Ecole TAEZ, Ahmad Al-Bashad (AFP)

Photo : école Taez © Ahmad Al-Bashad (AFP)

Séminaire de recherche de l’axe « Politiques éducatives, pratiques pédagogiques et interactions sociales dans les sociétés musulmanes d’Europe et du monde arabe »

Responsables : Juliette Honvault et Christine Mussard / Contact : jhonvault@yahoo.fr ; christine.mussard@univ-amu.fr

Cette année, la thématique retenue est celle de « L’Ecole empêchée. Institution scolaire et autorités en contexte de crise, 19-21e siècles ».

Argumentaire

L’école, parce qu’elle se trouve à l’articulation entre le quotidien de familles et d’acteurs locaux et les intérêts des institutions étatiques ou communautaires dont elle relève, est à la fois un sanctuaire social et un outil actif de construction du politique. A ce titre, ses configurations scolaires et sociales sont multiples dans le temps et dans l’espace. Dans le monde arabe et depuis les entreprises coloniales du 19e siècle, elle est aussi plurielle que les contextes politiques qui l’encadrent. A cela s’ajoute que les guerres, les violences politiques et sociales, les famines et les épidémies, les aléas climatiques et économiques et les mouvements migratoires qui en ont résulté l’ont bousculée, parfois interrompue, souvent redéfinie. Ce séminaire part de l’hypothèse que les crises, sous toutes leurs formes, mettent en tension le lien entre les acteurs de l’école et les pouvoirs dont elle est l’émanation institutionnelle. Et c’est précisément ce qui le rend observable.

Les communications ici présentées viseront donc à interroger la façon dont les crises, leurs ressorts et leurs enjeux, se répercutent ou sont perçus parmi les acteurs de l’école, ce qu’elles révèlent des liens institutionnels qui la traversent, et, enfin, ce qu’elles fabriquent au sein de l’école en matière de rapports de force, de solidarités, de réajustement des autorités enchâssées des parents, des enseignants, des directeurs d’école ou des recteurs. A rebours de l’idée d’une école qui serait seulement abîmée par les situations de crise, il s’agit de comprendre les processus par lesquels celles-ci produisent d’autres manières d’investir l’école et conduisent à la transformer, voire à la réinventer.

Programme 2021

Pour assister aux séances, merci de contacter les organisatrices : Juliette Honvault et Christine Mussard ; jhonvault@yahoo.fr ; christine.mussard@univ-amu.fr

Vendredi 15 janvier 2021, 10h, MMSH, salle Duby et en ligne.
Séance introductive.

Vendredi 12 février 2021, 11h-13h, MMSH, salle Duby et en ligne.

Aude Signoles (MESOPHOLIS), « L’entrée des harkis à l’école ou comment dépasser la « guerre des mémoires » de la guerre d’Algérie : une expérience pilote en région PACA ».
Discutante : Juliette Honvault (IREMAM).

Vendredi 19 mars 2021, 11h-13h, MMSH, salle Duby et en ligne.

Charlotte Courreye (IHMC), « Enseigner l’arabe en Algérie colonisée : le projet politique des Oulémas ».
Discutante : Christine Mussard (IREMAM).

Vendredi 16 avril 2021, 11h-13h, en ligne.

Simone Spera (LESC), « Crises politiques et changements pédagogiques : les développements du secteur de l’éducation non formelle au Nord du Liban (2011-2020) ».
Discutante : Naima Bouras (CEDEJ).

Vendredi 23 avril 2021, 11h-13h, en ligne.

Chloé Pellegrini (IREMAM), « Enseignants d’écoles publiques dans le Maroc périphérique : rapports à l’Etat et aux programmes scolaires ».
Discutante : Françoise Lorcerie (IREMAM).

Vendredi 21 mai 2021, 11h-13h, en ligne.

Lamia Mellal (IREMAM), « Les écoles bilingues pour la paix en Israël : présentation du dispositif "Apprendre l’histoire de l’Autre" ».
Discutante : Chloé Pellegrini (IREMAM).

Vendredi 18 juin 2021, 11h-13h, MMSH, salle Germaine Tillion et à distance. 

Naima Bouras (CEDEJ), « Faire carrière dans les milieux de la prédication salafiste en Égypte : quelle place accorde-t-on aux femmes de la mouvance ? »
Discutante : Géraldine Jenvrin
Géraldine Jenvrin (EHESS), « Les études coraniques au Maroc depuis les attentats de 2003. Convergences entre étatisation, sécularisation et salafisation »
Discutante : Naima Bouras.

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Photo © LiPol

Séminaire de l’IREMAM et du programme LiPoL ANR19-CE 27-0024

Organisé par Mohamed Bakhouch, Iyas Hassan et Rosa Pennisi

Le séminaire sera hebdomadaire et aura lieu le jeudi de 13h30 à 15h30, à la MMSH, en salle 101
Première séance : jeudi 16 septembre 2021
Contact : rosa.pennisi@hotmail.it

Le séminaire « Littératures populaires arabes » prend appui sur le séminaire « Littérature orale » organisé à l’IREMAM dans le cadre du Master MAMHS. Il continue ainsi une tradition arabisante aixoise tout en s’articulant avec des travaux menés ailleurs, en France et dans le monde arabe, sur des thématiques proches. En effet, ce séminaire est désormais inscrit au programme ANR Littératures Populaires du Levant. Archiver, analyser et conter le Roman de Baybars au XXIe siècle (LiPoL, 2020-2024). Il porte le volet « formation à la recherche » de ce programme impliquant six institutions de recherches et s’adresse aussi bien aux étudiant·es aixois·es d’Aix-Marseille Université qu’à celles et ceux des autres institutions membres ou partenaires du programme.
Dans un format hybride, le séminaire abordera des questions disciplinaires et méthodologiques concernant la catégorie « littérature populaire » dans son interaction et ses chevauchements avec d’autres catégorie comme la littérature orale et la littérature dialectale, mais aussi avec la littérature savante. Sont ainsi attendues des réflexions aussi bien sur la prose que sur la poésie anciennes et modernes dans le but de révéler la richesse des perspectives ouvertes par ce champ et la complexité des outils qu’il convoque, issus aussi bien de la poétique que la narratologie, de la linguistique que de l’histoire ou de l’anthropologie.