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Accueil > Actualités d’ailleurs > Archives Actualités d’ailleurs 2019-2022

Table-ronde

Le Maghreb et les prisons coloniales françaises. Histoire, mémoire, patrimoine

Jeudi 19 septembre 2019, 16h-18h, Université de Rouen-Normandie, Bâtiment Robespierre (Salle F311), Mont-Saint-Aignan

Organisée par Marc André (Université de Rouen, GRhis) & Susan Slyomovics (Université de Californie à Los Angeles)

Avec une majorité d’édifices construits à l’époque coloniale et maintenus en usage après les indépendances, la prison est le « panoptique » par excellence dans lequel se réfléchissent deux cents ans d’histoire du Maghreb. Plus précisément, l’Algérie, colonie de peuplement pendant 132 ans, constituée de trois départements français et marquée par deux longues guerres de conquête (1830-1871) et de décolonisation (1954-1962), offre un terrain d’analyse particulièrement fécond pour comprendre non seulement la similarité dans la différence du système carcéral édifié outre-mer, mais aussi les héritages de ce système après l’indépendance en Algérie comme en France. De fait, la prison fût un outil de domination coloniale, de répression politique et d’exploitation économique. Elle a détenu massivement les colonisés et les indésirables français (militaires ou opposants), femmes ou hommes, au sein d’un réseau carcéral complexe, car englobant de très nombreux sites répressifs transformés en prisons (camps, hôpitaux psychiatriques, casernes, etc.), et mondial, puisqu’incluant dans un même ensemble la colonie, sa métropole, et les bagnes de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie. Elle a aussi été, bien sûr, un foyer de résistances largement réinvesti dans l’Algérie nouvelle. À partir de sources très différentes (enquêtes orales, rapports d’expertises psychiatriques, ego-documents, archives administratives, policières, et judiciaires, œuvres d’art, etc.), de regards croisés d’anthropologues et d’historiens, de comparaisons avec la Tunisie, cette table ronde (autour de la parution d’un numéro spécial de L’Année du Maghreb intitulé « L’inévitable prison ») montre que la prison fût omniprésente comme elle hante encore les mémoires et le patrimoine.

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