SÉMINAIRES & ATELIERS HORS LES MURS

Ces séminaires de recherche sont co-organisés et co-animés par les chercheurs·euses et enseignant·es-chercheurs·euses de l'IREMAM. Les séminaires sont classés par date de première séance.

Photo © Fonds Désiré Sic, militaire français au Maroc entre 1912 et 1933.

Photo © Fonds Désiré Sic, militaire français au Maroc entre 1912 et 1933.

Co-organisé par :
Analyse comparée des pouvoirs (ACP, Marne-la-Vallée).
Archives nationales d’outre-mer (ANOM, Aix).
Centre d'Études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS, Paris).
Institut des mondes africains (IMAf, Aix).
Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM, Aix).
Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA, Lyon).

Séances le lundi, 10h-12h. Archives nationales d’outre-mer, 29 chemin du Moulin de Testas, Aix-en-Provence.

Présentation de l’atelier

Bien qu’elles ne soient pas toujours revendiquées ainsi, les « études coloniales » forment un champ particulièrement dynamique et foisonnant. La définition et la place du « colonial » ne cessent d’être discutées et débattues, en histoire comme dans d’autres sciences sociales. Parallèlement, pour approfondir et dépasser cet horizon, les axes de recherche privilégiés se spécialisent de plus en plus, en formant de nouveaux sous-champs qui associent, par exemple, le fait colonial à l’histoire du droit, aux études de genre, aux services techniques de l’État, à l’environnement, etc. Aussi nous paraît-il utile d’en proposer régulièrement un état des lieux, d’exposer certaines des pistes empruntées dans les recherches en cours. Cet atelier est ouvert à tous les chercheurs intéressés, en particulier à ceux de passage aux Archives nationales d’outre-mer (ANOM) où se tiendront les séances. Il prendra la forme d’interventions d’historiens, d’anthropologues ou de sociologues, sur la base de lectures proposées en amont d’archives ou d’écrits scientifiques (parus / en cours de rédaction). La discussion sera privilégiée dans un second temps. 

Contacts pour le lien zoom et le partage des extraits à lire notamment :
Didier Guignard (IREMAM, Aix), didier.guignard@univ-amu.fr
Thierry Guillopé (ACP, Marne-la-Vallée), thierry.guillope@gmail.com
Julie Marquet (CEIAS, ULCO Dunkerque), julie.marquet7@gmail.com
Antonin Plarier (LARHRA, Lyon 3), antonin.plarier@gmail.com
Florence Renucci (IMAf, Aix), florence.renucci@univ-amu.fr

Calendrier des séances 2021-2022

Lundi 13 septembre 2021, 10h-12h, en ligne.
Séance animée par Annick Lacroix (Université de Nanterre) sur le thème : « Inspecter le travail dans l’Algérie colonisée (1909-1962) : étudier un corps de contrôle pour dévoiler les facettes du salariat ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 11 octobre 2021, 10h-12h, MMSH, salle A219 et en ligne.
Séance animée par Vanessa Caru (CEIAS, Paris) sur le thème : « Mobilités sociales et élites techniques sous domination coloniale : une enquête sur les ingénieurs indiens des travaux publics (1860-1960) ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 8 novembre 2021, 10h-12h.
Séance animée par Pierre Schill (CRISES, Montpellier) sur le thème : « Vivre, dire et montrer la pendaison publique de 14 bédouins lors de la guerre entre l’Italie et l’Empire ottoman (Tripoli de Barbarie, 6 décembre 1911). Événement historique, événement intérieur, hier et aujourd'hui ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 13 décembre 2021, 10h-12h.
Séance animée par Grégory Valdespino (Université de Chicago) sur le thème : « "Views of this Cosmopolitan Camp" : Dwelling and Displacement among France’s West African Soldiers in World War I ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 10 janvier 2022, 10h-12h.
Séance animée par Bérengère Piret (Université Saint-Louis, Bruxelles) sur le thème : « Le Congo belge en procès. Les sources judiciaires pour combler les lacunes des archives coloniales » [titre provisoire].
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 14 février 2022, 10h-12h.
Séance animée par Julie Marquet (CEIAS, ULCO Dunkerque) sur le thème : « Quelles catégories pour quelles populations ? Classements coloniaux dans les Établissements français de l’Inde au XIXe siècle ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 14 mars 2022, 10h-12h.
Séance animée par Iris Seri-Hersch (Université d’Aix-Marseille) sur le thème : « Succession d'empires, microhistoire et marginalité sociospatiale : Kabâra, Palestine/Israël, XIXe-XXIe siècles ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 11 avril 2022, 10h-12h.
Séance animée par Fanny Malègue (CENA, Paris) sur le thème : « Les recensements du premier empire colonial français (Antilles, 1763-1804) ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement.
 
Lundi 9 mai 2022, 10h-12h.
Séance animée par Souad Tires (Université de Sidi bel Abbes) sur le thème : « L’histoire de la ville de Sidi bel Abbes d’après l’ouvrage de Redouane Tabet Ainad, Histoire de l’Algérie. Sidi bel Abbes, de la colonisation à la guerre de libération en Zone 5, Wilaya 5 (1830-1962), Alger, Enag éditions, 2009 ».
Lecture proposée en amont : un extrait de l'ouvrage en question.
 
Lundi 13 juin 2022, 10h-12h.
Séance animée par Paul-Emmanuel Babin (Université de Lille) sur le thème : « L’avocat Michèle Beauvillard et le collectif de la Fédération de France du FLN. Une défense sans distance, de l’avocat de militants à l’avocat militant pendant la guerre d’Algérie ».
Lecture proposée en amont : précisée ultérieurement. 

Téléchargez le programme

Organisé par Sabrina Mervin, directrice de recherche, CNRS / Centre d'études en sciences sociales du religieux (CéSor), Anne-Sophie Lamine, professeure des universités, Université de Strasbourg et Nadjet Zouggar, maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université, Iremam.

L’objectif du séminaire est de mettre islamologie et sciences sociales en dialogue, de diverses manières, en reconnaissant la pertinence et la légitimité de toutes les approches et en les décloisonnant; d’interroger nos pratiques et de les confronter dans un but heuristique. Il n’est pas question, d’un côté, de diluer le religieux dans le social ou le politique et, de l’autre, de surdéterminer la variable religieuse. 

Plusieurs pistes de réflexion permettront de mettre en place les échanges. 

- Les textes. Comment revisiter la philologie par les méthodes de l’analyse textuelle et des techniques d’analyse littéraire appliquées aux textes religieux? Comment l'histoire sociale, l'anthropologie et la sociologie permettent-elles d'éclairer les contextes de production et les processus de réappropriations synchroniques et diachroniques? Comment l'islamologie peut-elle nourrir les chercheurs en sciences sociales sur le sens des termes, sur le contexte de production des textes, les intentions, les interactions?

- Les concepts issus des sciences religieuses de l’islam ou dits « islamiques ». Comment les traduire en d’autres langues que l’arabe et, surtout, les transposer, en faire usage dans les sciences sociales ?

- Les catégories des sciences sociales émanant de recherches sur d’autres religions. Comment les appliquer à l’islam pour mieux saisir des faits libellés sous des termes ambivalents? Comment travailler sur des concepts généraux de sciences sociales en les appliquant aux faits religieux de l'islam ? 

- Les auteurs et les acteurs étudiés tant par les islamologues que par les praticiens des sciences sociales, dans des contextes fort différents, font l’objet d’approches plurielles, parfois ambivalentes ou contradictoires par les acteurs eux-mêmes et par les chercheurs. Comment analyser et discuter la diversité des usages ? 

Ce séminaire se déroulera en visioconférence et simultanément à l'EHESS (le mercredi de 18h30 à 20h30, Campus Condorcet-Centre de colloques, salle 3.09, Aubervilliers), à l'université de Strasbourg et à l'université d'Aix-en-Provence. Il se prolongera par une journée d'études.

Pour s'inscrire, à chaque séance, les participants iront sur le planning et pourront déposer une demande de participation, en présentiel ou en distanciel ou bien directement ICI

Programme

Mercredi 3 novembre 2021, 18h30-20h30 - Séance d’ouverture 

Une présentation de ce séminaire interdisciplinaire (programme, objectifs, enjeux) sera exposée par Sabrina Mervin et débattue. Puis nous écouterons une communication qui sera discutée par Anne-Sophie Lamine avant la discussion générale. 

Avec Haouès Seniguer, IEP Lyon, L'invention de "l'islamisme" ou comment les islamistes arabes ont inventé le mot et le mouvement : quelques pistes de recherche.
L'emploi du vocable  islamisme/islamiste s'est immiscé dans le débat public depuis le début des années 2000 suite aux attentats d'inspiration islamique. L’usage flou et souvent disqualificatoire de ces termes se réfère à divers acteurs, mobilisations, activités sociales ou organisations qui ne correspondent pas à leur sens initial, lié à l’émergence des Frères musulmans en 1928. Les chercheurs eux-mêmes ne s’accordent pas sur leur sens. Après une brève présentation de l'archéologie du vocable et de la diversification de ses emplois, nous proposerons une définition opératoire et nous montrerons la manière dont ces termes sont pensés, perçus, appropriés ou mis à  distance, par les acteurs ainsi désignés.

Mercredi 1er décembre 2021, 18h30-20h30 - L’écrit et l’histoire : deux approches textuelles du Coran

Les communications de cette séance éclairent, sous deux angles différents, sur les nouvelles approches textuelles permettant d’interroger le Coran comme source de sa propre histoire, de celle des débuts de l’islam et plus globalement de la péninsule Arabique de l’Antiquité tardive. Ce, en dépassant certains obstacles que posent l’aspect fragmentaire, obscur et hétérogène du corpus coranique tel qu’il nous est parvenu.

Mehdi Azaiez, UCLouvain, De l’Allocutaire coranique au Muḥammad historique.
Dans un ouvrage collectif paru en 2000 et intitulé The Biography of Muhammad, the issue of the Source, Harald Motzki écrivait : « d’un côté, il n’est pas possible d’écrire une biographie historique du Prophète sans être accusé de faire un usage non critique des sources tandis que, d’un autre côté, lorsqu’on fait un usage critique des sources, il est simplement impossible d’écrire une telle biographie ». S’il existe aujourd’hui un large consensus parmi les historiens pour valider ce constat, il n’est pas inutile d’envisager de nouvelles approches fondées sur une analyse serrée du texte coranique. L’exposé conduira d’abord à identifier puis analyser systématiquement la présence d’un « allocutaire premier » que la tradition islamique identifie comme Muḥammad dans le Coran. Puis, on tentera de déterminer à partir de couches rédactionnelles considérées comme tardives, les traces d’une mise en scène de cette figure par les derniers rédacteurs du Coran. 

Iyas Hassan, Sorbonne université, Le Pacte de Dieu et le Livre des hommes. Ce que l’étymologie nous (dés)apprend de l’histoire du Coran.
Évoquées dès leurs usages coraniques par le biais d’une terminologie ambiguë, les notions de kitāba et de kitāb ont été au cœur de la définition du Coran comme livre, œuvre originellement divine dans une perspective pieuse et, dans une perspective historico-critique, livre formé progressivement à partir d’écrits fragmentaires. Les choix adoptés dans les traductions successives du Coran, que la présente communication abordera brièvement, révèlent une idée centrale de l’écrit, basée sur un regard rétrospectif, parfois anachronique du contexte coranique et adossée à la notion de « religions du Livre » qui inclut l’islam. L’analyse étymologique de termes arabes antiques usités dans le Coran et d’autres termes contenant la racine ktb et forgés durant les deux premiers siècles de l’Hégire suggère toutefois de nuancer la centralité de l’écrit et est susceptible de faire évoluer notre regard sur la formation et l’évolution du Coran. En revenant sur une réflexion développée dans Le religieux le narratif et le littéraire. Coran et exégèse coranique dans l’histoire de la littérature arabe (2019), cette communication interroge ainsi la place de l’approche linguistique dans les études islamologiques.

Mercredi 5 janvier 2022, 18h30-20h30 - Le couple quiétisme/activisme au prisme de la critique et à travers le cas du chiisme contemporain 

Tristan Hillion-Launey (doct. EHESS/CéSor), Thibaud Laval (doct. EHESS/CéSor) et Sabrina Mervin (CNRS/CéSor-EHESS).

Cette séance animée à trois voix vise à interroger la pertinence du couple quiétisme/activisme souvent appliqué au chiisme contemporain. À l’appui de l’islamologie et des sciences sociales, nous discuterons de positions doctrinales et politiques ambivalentes afin d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Comment ces catégories sont-elles apparues et ont été utilisées dans le champ académique ? Comment peut-on élaborer de nouvelles manières de saisir les faits en se fondant sur l’étude des doctrines et des pratiques politiques ? Au-delà de la révolution islamique en Iran, l’étude des cas irakien et libanais des années 1950-1970 permet de mettre en lumière des positions théoriques et des formes d’engagement qui ne se résument pas à la seule notion de guidance du théologien-juriste élaborée par Khomeini, ni aux mobilisations révolutionnaires qui en ont découlé. On terminera en examinant la manière dont le marja‘ Ali Sistani, souvent qualifié d’apolitique, fait de la politique.

La suite du programme sera communiquée ultérieurement. À retrouver sur Néobab - Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS