De quoi les Ottomans sont-ils le nom ? La fabrique des mémoires collectives « ottomanes » (2020-2021)

Responsable scientifique : Juliette Dumas (IREMAM). Coordination : Juliette Dumas (IREMAM), Lydia Zeghmar (IDEMEC), Elsa Grugeon (MESOPOLHIS), Randi Deguilhem (TELEMMe).
Partenaires institutionnels : MMSH ; IREMAM ; IDEMEC ; IFEA, Istanbul ; PhASIF (« Le patrimoine manuscrit philosophique arabe et syriaque en Île-de-France et ailleurs : Trésors à découvrir et circuits de diffusion » ; Domaine d’Intérêt Majeur, Région Ile-de-France) ; TELEMMe.

Argumentaire

Turquie - 1934 : Atatürk annonce la transformation de Sainte-Sophie en musée ; juillet 2020 : Erdoğan ordonne sa réouverture en mosquée. A près d’un siècle d’échéance, ces deux postures à l’égard de cet héritage patrimonial rappellent les enjeux identitaires qui animent les politiques mémorielles des Etats post-ottoman.

Si les mémoires nationales ont fait l’objet de nombreuses études, le cas des mémoires d’Empire soulèvent de multiples difficultés d’appréhension : privées d’unité territoriale, linguistique et/ou communautaire, elle se retrouvent morcelées en multiples lieux et acteurs. Le cas de l’Empire ottoman s’avère exemplaire : suite à son démembrement en une multitude d’Etats-nations, le passé ottoman a longtemps été relégué hors/évacué des histoires nationales et communautaires concernées. Pourtant, depuis près d’une décennie, on assiste à une vive renaissance des usages du passé ottoman dans les sociétés post-ottomanes actuelles – renaissance qui prend des formes et des contours forts variables, dont on peine à comprendre les lignes force. Derrière cette pluralité inévitable, l’héritage ottoman se propose comme repère commun.

En suivant ce fil conducteur d’un héritage commun pluriel ancré dans le temps ottoman, il devient possible de s’interroger sur les trajectoires de construction des mémoires collectives ottomanes, depuis l’époque ottomane jusqu’à aujourd’hui. L’objectif est de comprendre de quoi les Ottomans sont (devenus) le nom ? Pour ce faire, il faut procéder à une archéologie des constructions mémorielles ottomanes d’hier à aujourd’hui, à l’échelle des anciens espaces ottomans (Turquie, Bulgarie, Grèce, Syrie, Liban, Jordanie, etc). Or, les productions mémorielles résultent de constructions volontiers ancrées dans des
« lieux de mémoire » – tout à la fois objets, concepts et institutions – qui permettent de repérer le jeu des acteurs et de faire émerger le mille-feuille diachronique et synchronique des discours mémoriels.

Calendrier 2020-2021

Le vakif  : un outil patrimonial ?
19/11/2020, 14h-16h30, en visio Zoom.

Introduction & présentation du programme thématique par les organisatrices.

Randi Deguilhem (TELEMMe), « La politique des Tanzimât envers les structures religieuses soutenues par les waqf : une politique patrimoniale ? »

Julien Boucly (Sciences Po Toulouse, CETOBaC), « La Direction des Fondations Pieuses (Vakıflar Müdürlüğü), institution du patrimoine national en Turquie »

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Les espaces de référence pour penser les mémoires ottomanes
10/12/2020, 14h-16h30, en visio Zoom.

Cyril Isnart (IDEMEC) : « Désorienter le patrimoine en Méditerranée ? »

Juliette Dumas (IREMAM) et Lydia Zeghmar (IDEMEC), « ‘‘Orient’’, ‘‘Méditerranée’’ et ‘‘anatolisme’’ : le poids des géographies imaginaires dans le développement du tourisme en terres ottomanes et turques »

Mémoires et patrimoines chrétiens en Turquie
21/01/2021, 14h-16h30, en visio Zoom.

Armand Aupiais (URMIS & OII & Galatasaray), « Où que tu regardes, tu vois des églises ! A propos de quelques perspectives born-again sur le patrimoine chrétien de Turquie »

Vanessa de Obaldia (TELEMMe), « Le vakıf comme outil de patrimoine pour les minorités dans la Turquie contemporaine »

Usages et pratiques des lieux saints : dénis de mémoire
11/02/2021, 14h-16h30, (heure de Paris, 16h-18h30, heure d’Istanbul), en visio Zoom.

Benoît Fliche (IDEMEC), « Les graffitis du désir : Eyüp et le trou de l’Autre »

Norig Neveu (IREMAM), « Mémoire de la sainteté ottomane dans le Sud de la Jordanie : patrimoine discuté, récits
partagés »

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Patrimoine(s) à l’épreuve.
18/03/2021, 14h-16h30, (heure de Paris, 16h-18h30, heure d’Istanbul), en visio Zoom.

Laurent Dissard (UPPA), « Un passé submergé : mémoires (post-)ottomanes kurdes et arméniennes le long de l’Euphrate »

Mehmet Tayfur (AMUP), « La diversité des acteurs et ses effets sur le processus de patrimonialisation à Diyarbakır (de 2000 à nos jours) »

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Arts, artisanats et restaurations : l’invocation des identités turques, arabes, ottomanes…
08/04/2021, 14h-16h30, (heure de Paris, 16h-18h30, heure d’Istanbul), en visio Zoom.

Maxime Durocher (Sorbonne Université & Orient et Méditerranée), « Entretien, oubli et recréation d’une mémoire ottomane : l’exemple des zaviyes et tekkes d’époque médiévale et les enjeux de leur conservation du XIXe au XXIe siècle »

Véronique François (LA3M), « Identité et pratiques ‘‘ottomanes’’ à travers les objets du quotidien en Méditerranée »

Archéologie, impérialismes occidentaux et institutions patrimoniales
20/05/2021, 14h-16h30 (Heure de Paris) (15h-17h30 Heure d’Istanbul), en visio Zoom.

Mercedes Volait (InVisu), « Héritages dissonants ? De quelques malentendus à propos de l’architecture coloniale, la peinture orientaliste et les objets composites dans l’Egypte d’aujourd’hui. »

Gilles Bonnaud (Aix-Marseille Université), « Les représentations du Saint-Sépulcre aux 17e et 18e siècles : une iconographie paradoxale. »