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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
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Un phénomène de société : les waqf-habous en Méditerranée

Animé par Randi Deguilhem (CNRS-IREMAM)
1er et 3ème jeudi du mois de 13 h à 15 h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 18 novembre 2010 au 19 mai 2011

Séminaire du Master « Sciences des religions et sociétés » en co-habilitation avec l’EPHE et « Histoire et civilisations », mention Histoire, EHESS

Dans ce séminaire, nous insistons sur la quotidienneté des usages de waqf, institution quasi omniprésente dans toutes les strates socioéconomiques des sociétés musulmanes mais aussi chez les druzes, les chrétiens et les juifs du Moyen-Orient jusqu’à l’Asie centrale et dans le nord de l’Afrique.

Bien qu’étroitement associées aux pratiques religieuses, les fondations waqf-habous sont, de prime abord, un phénomène de société. En tant que tel, elles s’adaptent aux besoins sociétaux qui évoluent dans le temps et qui sont spécifiques aux différents contextes culturels. Cela se reflète dans l’infrastructure triangulaire évolutive des fondations créées par des femmes et des hommes. Autrement dit, les priorités sociétales des constituants des waqfs s’affichent dans leurs choix de bénéficiaires pour les waqfs qu’ils établissent ainsi que dans les choix de leurs propriétés qu’ils désignent « à jamais » pour générer des revenus pour leurs fondations et, enfin, leurs choix d’administrateurs pour gérer celles-ci. Ces choix-là reflètent l’habitus non seulement de l’individu qui crée le waqf mais aussi le milieu de la communauté dont est issu le constituant de la fondation et, plus largement, de la société dans laquelle il habite.

La création des waqfs-habous est déjà devenue chose routinière aux premières générations de l’islam même si le phénomène du waqf atteint son apogée lors de l’époque ottomane, période pour laquelle nous avons une pléthore de documentation de nature notariale, religieuse, légale, etc., pertinente au waqf. En effet, c’est grâce, surtout à cette documentation ottomane, étudiée par des chercheurs notamment pendant la dernière cinquantaine d‘années pour toutes les provinces africaines, asiatiques et européennes de l’Empire, que nous comprenons de plus en plus les modalités exactes mises en marche par des fondatrices et des fondateurs des waqfs pour répondre à leurs propres besoins et ceux de la société. Enfin, la mobilisation des sciences sociales dans l’étude de waqf permet un autre regard épistémologique envers la documentation mentionnée ainsi qu’auprès des sources religieuses portant sur les fondations, sans oublier les chroniques produites dès les premiers siècles de l’islam où il est question des waqfs, etc.

Le cadre temporel et géographique du séminaire est donc volontairement large, allant des pratiques du waqf des premières générations d’islam jusqu’à nos jours puisque le waqf est toujours pratiqué aujourd’hui dans des régions de prédominance musulmane et aussi en Europe (al-waqf al-urûbî).

Calendrier

1er et 3e jeudi du mois, 13h-15h, (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris)

Séance 1 : 18 novembre 2010 : Randi DEGUILHEM, CNRS-IREMAM, Aix-en-Provence : « Pourquoi parler du droit, du social et de l’espace lorsqu’on évoque le waqf ? »

Séance 2 : 2 décembre 2010 : Randi DEGUILHEM, CNRS-IREMAM, Aix-en-Provence : « Le waqf au féminin »

Séance 3 : 16 décembre 2010 : Sabine SALIBA, EPHE, Paris : « De l’importance des biens monastiques waqfs chez les chrétiens en terre de l’islam »

Séance 4 : 6 janvier 2011 : Gilles DE RAPPER, CNRS-TELEMME, Aix-en-Provence : « Vakëf : le devenir du waqf dans l’Albanie communiste et post-communiste »

Séance 5 : 20 janvier 2011 : Hélène CLAUDOT-HAWAD, CNRS : « Le « Lait Vivant » : interprétations et usages du habous chez les Touaregs (Sahara central) »

Séance 6 : 3 février 2011 : Nada MOUMTAZ, The Graduate Center, CUNY (New York) : « Penser l’Etat et le droit à travers l’administration des waqfs à Beyrouth : une comparaison entre les périodes ottomane et contemporaine »

Séance 7 : 17 février 2011 : Eirik HOVDEN, Université de Bergen, Norvège : « The Waqf in Today’s Yemen : Zaydi Fiqh and Daily Practices in Sana » (présentation en anglais)

Séance 8 : 3 mars 2011 : Christian MÜLLER, CNRS-IHRT, Paris : « Constituer un waqf : cas des particuliers selon des documents du Haram al-Sharîf (Jérusalem au 14e siècle) »

Séance 9 : 17 mars 2011 : Musa SROOR, Université de Birzeit, Ramallah, Palestine :
« Fondations pieuses en mouvement. De la transformation des statuts de propriété de biens waqfs à Jérusalem (1858-1917) »

Séance 10 : 7 avril 2011 : Gilbert Paul VERBIT, Boston University : « Is the Waqf the mother of the English Trust ? »

Séance 11 : 21 avril 2011 : Séance annulée

Séance 12 : 5 mai 2011 : Randi DEGUILHEM, CNRS-IREMAM, Aix-en-Provence : « Le regard postcolonial sur le waqf en Méditerranée »

Séance 13 : 19 mai 2011 : Randi DEGUILHEM, CNRS-IREMAM, Aix-en-Provence : « Les waqfs européens : nouveaux usages d’une institution venant du début de l’islam »