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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
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Accueil > Séminaires de Master et de recherche > Séminaires d’équipe, de formation et de recherche (2019-2020)

Séminaire Recherche, arts et pratiques numériques (2019-2020)

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias, CNRS/AMU/EHESS), Anna Guilló (LESA, AMU/CNRS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU) et Manoël Pénicaud (IDEMEC, CNRS/AMU).

- Première séance : Mercredi 16 octobre 2019, 10h-13h, Site Schuman, Pôle multimédia, salle des colloques 1, Aix-en-Provence, entrée libre.

Thématique du séminaire

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières.

Dans le domaine des sciences humaines et sociales, le recours aux pratiques numériques conduit à de nombreux bouleversements que ce soit dans la collecte, la production et le traitement de données, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de narration et d’édition. Le tournant numérique conduit les chercheurs à reconsidérer leurs méthodes, leurs catégories, leurs paradigmes, leurs orientations théoriques, leurs objets, leurs formes de labellisation et les cadres des champs disciplinaires. D’ailleurs, compte tenu des collaborations toujours plus nombreuses qu’implique le recours au numérique entre d’un côté les sciences humaines et de l’autre les sciences exactes et expérimentales, il semble plus pertinent de parler de Digital Studies que Digital Humanities.

Dans le domaine de l’art, le numérique ouvre également des champs de pratiques radicalement nouveaux. Il transforme la relation des artistes aux outils qu’ils utilisent et aux connaissances qu’ils convoquent, produisent ou questionnent. Il transforme le statut et les formes des œuvres. En introduisant de nouvelles modalités pour assurer leur circulation, il modifie également leur relation avec le public. Le numérique bouleverse la place de l’auteur qu’il place dans une relation dynamique par rapport aux flux d’information, de circulation des images, des sons et des formes. Il donne ainsi une nouvelle importance à l’invention de dispositifs dans lesquels ces formes sont données à l’expérience, ouvrant d’infinies possibilités d’interaction avec l’œuvre. Il donne enfin une nouvelle dimension au travail collectif, à des formes diverses de collaborations, d’échanges et de contributions. D’une façon générale, on peut dire que le numérique déplace les pratiques artistiques et conduit à réfléchir autrement les relations entre arts et sciences.

Ce séminaire rassemblera des chercheurs en sciences humaines (sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens, littéraires), en sciences dures (informaticiens, physiciens, mathématiciens, etc.), des artistes (designers, hackers, programmeurs, média tactique, etc.) ainsi que des professionnels (industriels, chargés de communication, etc.). Notre objectif est de favoriser des croisements, des emprunts et des déplacements qui seront propices à l’identification de nouvelles pistes de réflexion et de recherche, voire à la mise en œuvre d’expérimentations collaboratives.

Chaque mois, des participants seront invités à présenter leurs expérimentations d’outils numériques de collecte (applications mobiles, capteurs oculaires, systèmes SIG, etc.) ou d’indexation et de traitement des données recueillies (bases de données, systèmes de visualisation ou de sonification, etc.). Certains feront part de leurs explorations de dispositifs d’écriture et de modélisation de la connaissance (jeux vidéo, machinima, web documentaires, etc) ou encore de nouvelles formes d’édition électroniques.

Trois types de questions seront développés.
1) Il s’agira tout d’abord de voir comment, et jusqu’à quel point, ces pratiques et instruments transforment notre rapport au monde, nos méthodes de recherche, la construction de nos objets, la modélisation et la diffusion de notre connaissance et de nos oeuvres.
2) Nous nous interrogerons aussi sur l’impact des processus collaboratifs qu’impliquent les pratiques numériques entre chercheurs, artistes et professionnels. L’objectif est d’évaluer les apports que chaque démarche (scientifique, artistique, professionnelle) apporte aux autres.
3) Nous verrons enfin comment ces processus collaboratifs bouleversent les champs disciplinaires, les points de vue et les formes d’autorité qui organisent notre recherche et notre pratique et conduisent à repenser de manière créative de nouvelles formes de rencontre entre les disciplines scientifiques et entre celles-ci et les non-spécialistes.

Partenariat

IMéRA, Institut Méditerranéen de Recherches Avancées (AMU)
IREMAM, Institut de Recherches et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (CNRS/AMU)
Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence
IDEMEC, Institut d’Ethnologie Méditerranéenne Européenne et Comparative (CNRS/AMU)

Calendrier 2019-2020

Recherche, arts et pratiques numériques #26

Mercredi 16 octobre 2019, 10h-13h, Site Schuman, Pôle multimédia, salle des colloques 1, Aix-en-Provence, entrée libre.

Simulations

Antoine Schmitt, artiste plasticien, programmeur

Discutant Douglas Edric Stanley, artiste plasticien, programmeur, professeur à l’ESA Aix et à la HEAD (Genève).

Le terme de simulation informatique renvoie à une pratique fondamentale de la programmation : celle de reproduire, dans un ordinateur et sous forme d’algorithmes, des processus du monde réel. Dans le langage courant, le terme de simulation renvoie soit à la notion de leurre destiné à tromper son interlocuteur (« son chagrin est simulé »), soit à celle d’imitation d’une situation réelle potentielle (« une simulation d’attaque terroriste »). Dans ces deux cas, il y a opposition entre réalité et simulation. J’aimerais explorer ici le degré de réalité de la simulation informatique.

Antoine Schmitt abordera ces questions à travers des oeuvres produites depuis 20 ans et en particulier l’installation Prévisible en cours de finalisation. Le projet Prévisible exploite les données et modèles de prévisions météorologiques et géographiques à long terme issus d’une recherche menée par le bureau d’études GeographR sur l’évolution du climat du Grand site Sainte-Victoire. En se plaçant dans la perspective du climat futur, Prévisible vise à interroger les notions de prévisibilité et de responsabilité dans les réalités complexes.
Antoine Schmitt a été invité par M-topia à concevoir cette œuvre artistique liée à la prospective. M-topia, espace de partage pour développer des initiatives collectives autour de problématiques sociétales, a initié et produit Prévisible avec le soutien du DICREAM et du Conseil régional Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Recherche, arts et pratiques numériques #27

- Mercredi 6 novembre 2019, 10h-13h, Site Schuman, Pôle multimédia, salle des colloques 1, Aix-en-Provence, entrée libre

Image vs. data

Des flux de données aux neurosciences

- Marie-Laure Cazin, artiste et professeur à l’école supérieure des beaux-arts de Tours-Angers-Le Mans

Cinéma et neurosciences

Ma communication s’appuiera sur un projet art-science qui propose le renouvellement de la forme cinématographique en utilisant des outils de captation de données cérébrales dédiés aux neurosciences. Le Cinéma émotif utilise des instruments de mesure physiologiques pour interpréter les émotions et propose une interaction implicite avec le spectateur. Il pourrait également être qualifié d’énactif, mais il se démarque en mettant son enjeu d’innovation sur l’interprétation émotionnelle du signal cérébral. Cela le met en résonance avec un imaginaire et des œuvres qui allient technologie et occultisme : transmission de pensées, représentation d’images mentales, télépathie, symptômes psycho-somatiques. Nous évoquerons aussi sa proximité avec certains dispositifs médicaux, qui traitent du rapport psycho-somatique et qui peuvent nous inspirer artistiquement pour créer de nouvelles formes.

Nous finirons par la présentation des derniers développements du Cinéma émotif en réalité virtuelle, le prototype EMOTIVE VR et son film pilote neuro-interactif en 360°, Freud, la dernière hypnose, qui correspond à la partie pratique de cette recherche.

- Grégory Chatonsky, artiste et chercheur à l’ENS Ulm

Un cerveau hors de soi : apprentissage, extinction, résurrection

En abordant les flux d’un point de vue historique comme étant le lieu de croisement et de conflit entre la nature, le corps et la technique, on verra comment la séquence contemporaine appartient en fait à une longue et profonde filiation : les réseaux de neurones artificiels, habituellement appelés « intelligence artificielle » rencontrent la possibilité d’une extinction de l’espèce humaine et du vivant en général ramenant la Terre à sa minéralité.

Terre Seconde (2019) et Suspension of Attention (2013) permettront de rendre sensible le lien historique entre l’extinction et la dite « intelligence artificielle ».

- Jean-Marie Dallet, artiste et Maître de Conférences HDR, université Paris 8 – Vincennes, laboratoire AIAC [EA 4010])

Architectures de mémoire

L’intervention s’intéressera à l’invention d’un design spécifique portant sur l’élaboration d’interfaces destinées à mettre en forme les mémoires. Cette question est ancienne. Depuis la Grèce, en effet, des techniques ont été imaginées pour ordonner les souvenirs et en autoriser un accès rapide et sûr : processions, palais de mémoire, architectures, par exemple. Aujourd’hui, avec la numérisation des informations et son corollaire, la construction d’ensembles complexes de documents, s’impose la création d’architectures virtuelles permettant l’organisation des données et la navigation au sein de collections mobiles ainsi constituées par les algorithmes.

Le Cédérom La troisième biennale de Lyon (RMN, 1995) réalisé par Jean-Marie Dallet, les consoles archives interactives MIM (Marey Interactif Multimédia, 2010–2011) et VIM (Vasulka Interactif Multimédia, 2014-2019) de même que les dispositifs interactifs Sky Memory Project (2013–2015) conçus par le SLIDERS_lab [F. Curien, J.-M. Dallet], le travail de Robert Edgar, Memory Theatre One (1985) serviront de fil conducteur à cette discussion.

Recherche, arts et pratiques numériques #28

- Mercredi 11 décembre 2019, 10h-13h, S 10h-13h, IMéRA, Marseille, entrée libre.

Écritures documentaires

Crime as art

David Redmon, résident à l’IMéRA, réalisateur, sociologue, criminologie et ethnographie de la vidéo à l’Ecole de Politique, sociologie et recherche sociales de l’université de Kent, Royaume-Uni.

Kim’s Video – formerly located at St. Marks Place in NYC – was known to have one of the most comprehensive video collections in the world. However, with the rise of digital streaming, Kim’s Video, as a business model, became obsolete. In September 2008, its owner Mr. Yongman Kim put an open call on the Internet offering to donate his entire collection of 55,000 VHS and DVDs. He received over 60 offers, and chose to send the collection to Salemi, Sicily. But why and how was the now-defunct video store Kim’s Video (NYC) sent to Sicily ? What happened to the Kim’s Video collection after it arrived to Sicily ? What is the state of the collection today – 11 years later ?

Kim’s as a commodity chain raises questions about the redistribution of material media and ownership circulated and transferred under nebulous claims. Aside from the ongoing disappearance of material media (VHS, Cassette, DVD), the physicality of an archive such as Kim’s – and what it promotes – is a valuable and worthwhile cultural resource in an age of de-materialization and digitization. My talk concludes with a discussion of how criminal fantasy has been injected into documentary cinema as performance art to address the real.

Boris Pétric, anthropologue, Centre Norbert Elias (EHESS, Aix Marseille Université, CNRS)

Boris Pétric rendra compte de sa collaboration avec David Redmon au cours de sa résidence à l’IMéRA et à la Fabrique des écritures innovantes.

Discutant : Frédéric Pouillaude, esthétique et théorie de l’art moderne et contemporain Aix-Marseille Université – Département Arts – Secteur Arts plastiques et sciences de l’art Membre honoraire de l’Institut universitaire de France.

Recherche, arts et pratiques numériques #29

- Mercredi 15 janvier 2020, 14h-17h30, MMSH, salle de convivialité des doctorants (nouveau bâtiment), Aix-en-Provence

Hétérographies circassiennes. Quand les chercheurs montent sur scène

- Deux performances, une discussion

Ce séminaire d’un format inhabituel ouvrira une discussion à la suite de deux performances réalisées par des chercheurs en sciences humaines et des artistes de cirque.

Cédric Paga, alias Ludor Citrik, clown et auteur de cirque, et Olivier Tourny, ethnomusicologue et directeur de recherche au CNRS, IDEMEC, ont comme point de départ une enquête de terrain dans un monastère chrétien mixte d’un village arabe en Israël, et s’interrogent sur l’essence même de la musique.

Vincent Berhault, auteur de cirque, metteur en scène et jongleur, et Vincent Geisser, chercheur au CNRS, IREMAM, politiste et sociologue spécialiste de l’Islam en France, s’emparent du concept de laïcité, retournant à ses fondements historiques, touchant du doigt sa complexité et écoutant son vibrato dans la société actuelle.

La discussion avec les artistes sera animée par Heather Barfield, Fullbright Scholar invité à l’IREMAM et aura lieu avec les artistes en compagnie de Karima Dirèche, historienne, TELEMME (CNRS/Aix Marseille Université) et Cédric Parizot, anthropologue, IREMAM (CNRS/Aix Marseille Université)

- Séances en 2018-2019
- Séances en2016-2017

- Et retrouver toutes les séances du séminaire sur le site de l’antiAtlas des frontières