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Vient de paraître

par Marie-Pierre Oulié

L’Année du Maghreb 2019 | vol. I, n°20

Dossier : L’inévitable prison
sous la direction de
Marc André et Susan Slyomovics

& Varia
Paris, Cnrs éditions, 302 p.


Avec une majorité d’édifices construits à l’époque coloniale et maintenus en usage après les indépendances, la prison est le « panoptique » par excellence dans lequel se réfléchissent deux siècles d’histoire du Maghreb.
Plus précisément, l’Algérie, colonie de peuplement pendant 132 ans, constituée de trois départements français et marquée par deux longues guerres de conquête (1830-1871) et de décolonisation (1954-1962), offre un terrain d’analyse particulièrement fécond pour comprendre non seulement la similarité dans la différence du système carcéral édifié outre-mer, mais aussi les héritages de ce système après l’indépendance en Algérie comme en France. De fait, la prison fût un outil de domination coloniale, de répression politique et d’exploitation économique. Elle a détenu massivement les colonisés et les indésirables français (militaires ou opposants), femmes ou hommes, au sein d’un réseau carcéral complexe, car englobant de très nombreux sites répressifs transformés en prisons (camps, hôpitaux psychiatriques, casernes, etc.), et mondial, puisqu’incluant dans un même ensemble la colonie, sa métropole, et les bagnes de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie. Elle a aussi été, bien sûr, un foyer de résistances largement réinvesti dans l’Algérie nouvelle.
À partir de sources très différentes (enquêtes orales, rapports d’expertises psychiatriques, ego-documents, archives administratives, policières et judiciaires, oeuvres d’art, etc.), de regards croisés d’anthropologues et d’historiens, de quelques éléments de comparaison avec la Tunisie, ce dossier montre comment la prison fut omniprésente et à quel point elle hante encore les mémoires.
Inévitable, donc.

Auteurs  : Marc André, Susan Slyomovics, Nadia Biskri, Linda Amiri, Marine Coquet, Benjamin Claude Brower, Sylvie Thénault, Khedidja Adel, Fanny Layani, Paul Marquis, Saphia Arezki, Antoine Hatzenberger, Isabelle Merle.

& Varia

Auteur : Isabelle Merle

Lire le numéro en texte intégral en ligne sur le site de L’Année du Maghreb

Commander ce numéro sur le site de Cnrs éditions
ISBN 978-2-271-12643-6

Illustration de couverture : Un monde à part. Collage, 56*45, papier « mecanorama », février 1962
© Didier Poiraud

Né en 1937, Didier Poiraud est étudiant aux Beaux-Arts quand la Guerre d’Algérie éclate. Objecteur de conscience, il est emprisonné et ne cesse, durant trois années, de dessiner ses conditions de détention particulièrement changeantes. Après une longue pause, il s’est aujourd’hui remis à la peinture.

Just published

L’Année du Maghreb 2019 | vol. I, n°20

Dossier : L’inévitable prison
Marc André and Susan Slyomovics (eds.)

& Varia
Paris, Cnrs éditions, 302 p.


With a majority of buildings erected in the colonial era and maintained in use after independence, prison is the ultimate "Panopticon" with which to reflect two centuries of Maghreb history. Specifically Algeria, a settler colony for 132 years, comprising three French departments and marked by two long wars of conquest (1830-1871) and decolonization (1954-1962), offers a rich field of analysis to understand not only similarities in the different prison system built overseas but also the legacies of this system after independence in Algeria as in France. In fact, the prison was a tool of colonial domination, political repression, and economic exploitation. The colonized and the “undesirable” French (military and opponents), women and men, were detained in massive numbers within a prison network complex that encompasses a vast number of sites of repression transformed into prisons (camps, psychiatric hospitals, barracks, etc.). Globally, the prison grouped together the colony, the metropole, and the penal colonies of French Guyane and New Caledonia. It was also, of course, a place of resistance entirely given over to the new Algeria. From a variety of sources (oral surveys, reports of psychiatric expertise, ego-documents, administrative, police, and judicial archives, works of art, etc.), differing approaches of anthropologists and historians, along with some elements of comparison with Tunisia, this volume shows that prison (this "world apart" as indicated by the title of the collage chosen to illustrate the cover) was omnipresent. It still haunts our memories. Inevitable, then.

Authors : Marc André, Susan Slyomovics, Nadia Biskri, Linda Amiri, Marine Coquet, Benjamin Claude Brower, Sylvie Thénault, Khedidja Adel, Fanny Layani, Paul Marquis, Saphia Arezki, Antoine Hatzenberger, Isabelle Merle.

Online in open access L’Année du Maghreb

To order the number on the CNRS editions website
ISBN 978-2-271-12643-6

Cover illustration : A world apart @ Didier Poiraud, 1962.
About the painter : Born in 1937, Didier Poiraud studied at the Beaux-Arts when the Algerian War broke out. Conscientious objector, he is imprisoned and continues, for three years, to draw his particularly changing conditions of detention. After a long break, he has now returned to painting.