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Accueil > Manifestations scientifiques (colloques, rencontres-débats...) > Colloques, Tables rondes, Journées d’études organisés par l’Iremam > En 2019

Conférence

par Marie-Pierre Oulié

Waqf et gouvernance du patrimoine ottoman : un outil tacite
de sauvegarde ?


par Randi Deguilhem (TELEMMe)


Mercredi 15 mai 2019
18h, Institut Français d’Études Anatoliennes, Istanbul


Animée par Juliette Dumas (Maître de Conférences AMU/IREMAM)


Conférence organisée ans le cadre du projet amorce LabexMed :
OTTOMED - Les Ottomans en Méditerranée : un patrimoine disputé. Responsable : Juliette Dumas (Maître de Conférences AMU/IREMAM).

La politique de la sauvegarde du patrimoine ne rentre pas dans le champ de vision des individus qui créent des waqfs dans l’espace ottoman du moins pas en tant que décision prise expressément à cet égard, de manière délibérée dans le cadre d’une réflexion de la préservation du bâti. On pourrait postuler une telle hypothèse du fait qu’aucun discours, allant dans ce sens, ne se trouve dans les chartes de fondation des waqfs qui aurait laissé comprendre une telle éventualité.
Autrement dit, la notion de créer un waqf avec l’objectif exprès de sauvegarder du patrimoine en forme du bâti ou autre, telle que la chose se présente de nos jours, n’existe pas. Une généralité certes, mais il s’agit d’une qui semble valable pour les waqfs ottomans si l’on analyse, au premier degré, les discours les chartes des fondateurs et fondatrices des waqfs dans le cas où les revenus sont alloués aux bénéficiaires du domaine public ou religieux (waqf khayrî) mais aussi des waqfs où les bénéficiaires sont des individus, habituellement mais pas exclusivement, des membres de la famille (waqf dhurrî, waqf ahlî).
Toutefois, dans la pratique, les waqfs ottomans (ainsi que ceux établis ailleurs dans le monde musulman mais également chez les chrétiens et juifs d’Orient) servent, il n’y a aucun doute, à sauvegarder le bon état du patrimoine. Cela dans la mesure où la première responsabilité d’un administrateur d’un waqf est de veiller sur l’intégrité structurelle, à la fois, des biens de rapport qui génèrent des revenus pour la fondation (bâtiments, terrains agricoles) et, d’autre part, celle des organismes qui reçoivent les revenues de waqf, à savoir les bénéficiaires tels les bâtiments à vocation religieuse (mosquée, madrasa, zâwiya, etc.) ou charitable (bîmâristân) ainsi que public (entretien des ponts, éléments d’irrigation, etc.). Autrement dit, il est évident que les revenus des waqfs entretiennent le patrimoine structurel même si cela n’est pas énoncé dans la charte de fondation. C’est bel et bien une des raisons d’être des fondations waqf même si cela ne reste qu’implicite dans la charte de fondation.
La question centrale donc de cette présentation serait d’interroger ces constats à la lumière du projet Ottomed en l’insérant dans le temps. Sachant que, hormis la question de waqf et patrimoine, le regard des populations ottomanes sur le patrimoine évolue, notamment, lors des Réformes des Tanzimat avec sa politique de réorganisation de la société, la sauvegarde du patrimoine en faisait partie.

A retrouver sur le site du LabexMed
Et sur le site de l’IFEA

En savoir plus sur le projet :
OTTOMED - Les Ottomans en Méditerranée : un patrimoine disputé