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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
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Accueil > Manifestations scientifiques (colloques, rencontres-débats...) > Colloques, conférences... (participation des membres de l’Iremam) > En 2018

Séminaire du LAS

Dans le cadre du Séminaire du Laboratoire d’Anthropologie Sociale 2018-2019
Anthropologie du visuel. Pratiques filmiques et anthropologiques

Jeudi 20 décembre 2018, 16h-19h, Collège de France, salle 2, Paris
Séminaire ouvert à toute personne intéressée.

Les artifices du cinéma d’enquête
Projection du film « Angu, une femme sur le fil(m) » (46 mn, 2014).

par Fabienne le Houérou, anthropologue, réalisatrice et directrice de recherche à l’IREMAM.

Le cinéma d’enquête cinématographique est une notion qui se rapporte aux Visual Studies qu’explicitera Fabienne Le Houérou suite à la publication de son dernier ouvrage : Filmer les réfugiés, L’Harmattan, 2016. L’auteure interrogera par ailleurs sa propre production cinématographique avec le film « Angu, une femme sur le fil(m) ». Ce film sera l’occasion d’aborder deux thématiques. La première explore la mixité et ses limites en interrogeant les théories d’Homi Bhabha sur l’hybridité sui-generis de nos mondes postcoloniaux, dans un second temps il sera question de la notion de profilmie et des artifices du film à intention ethnographique et des pièges affectifs de toute approche cinématographique dans l’écriture de la science.
« Femmes sur le fil(m) » est un projet cinématographique complexe qui narre l’histoire d’Angu, ou Angie, une réfugiée tibétaine en Inde qui vit maritalement avec un Kenyan, père de son enfant qui a été placé dans un orphelinat dans les contreforts de l’Himalaya, à Dharamsala. Lors de repérages en Inde en octobre 2013, la réalisatrice a été à la recherche de la petite Peggy dans l’Himalaya à la demande d’Angu. Devant la réalité de leur pauvreté économique et de leur impuissance, Angu et Osmond renoncent à leur parentalité et retournent à leur vie à New Delhi où le reste de la communauté les perçoit comme des parias. Le projet évoque une montée d’espoir dans une marche vers l’Himalaya et la retombée dans l’ordinaire de la survie à New Delhi d’un couple écrasé par une condition d’exil et de double marginalité.
Le projet scrute différentes marges et explore le métissage et les allants de soi sur les rôles masculins et féminins au sein de la diaspora tibétaine. Il questionne plus particulièrement la dimension maternelle dans le rapport singulier d’Angu avec la petite Peggy. Le projet évoque l’abandon parental et la maltraitance. Il sera l’occasion d’un questionnement sur les subjectivités cinématographiques féminines et sur le statut des films « scientifiques » dans les sciences dites « humaines » au cours d’enquêtes où l’émotion fait irruption de façon heuristique.

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