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Accueil > Manifestations scientifiques (colloques, rencontres-débats...) > Colloques, Tables rondes, Journées d’études organisés par l’Iremam > En 2018

Table ronde












Crédits photo : Matthias Kabel, "Buyuk Han" (Nicosie, Chypre)


Productions partagées, héritages disputés : la difficile reconnaissance
du rôle des ’’minorités’’ grecques orthodoxes et arméniennes
dans la production d’un patrimoine ottoman


Vendredi 23 février 2018
14h-17h, MMSH, salle PAF
Aix-en-Provence


Table ronde organisée par Juliette Dumas (MCF AMU, IREMAM)
dans le cadre du projet
OTTOMED – Les Ottomans en Méditerranée : un patrimoine disputé
projet amorce IREMAM-IDEMEC


Programme
  • Patrick Donabédian, (MCF AMU, Laboratoire d’Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée) :
    Le patrimoine ottoman, héritage partagé, en partie arménien

Après une brève situation des Arméniens dans l’Empire ottoman, nous dresserons un aperçu de la contribution arménienne au patrimoine turc, en général, et ottoman en particulier, aussi bien en architecture que dans les autres arts (céramique, textiles, musique, sciences, etc.). Puis nous aborderons la question de la place et de la chronologie du patrimoine arménien dans l’Empire ottoman, avec le maintien d’une créativité réduite à la fin du Moyen Age, suivie d’une « renaissance » à la période moderne. Enfin, nous terminerons par une réflexion sur la place actuelle de ce patrimoine inégalement perçu et apprécié, prix en tenaille entre rejet nationaliste, nostalgie et tentatives de revalorisation.

  • Petros Diatsentos (MCF AMU, Centre Paul-Albert Février) :
    Le théâtre d’ombres de Karaghiozis : un héritage disputé sur les deux rives de la mer Egée

Le spectacle de Karaghiozis, qui a connu un véritable succès en Grèce dans la première moitié du XXe siècle, est issu de la tradition du théâtre d’ombres de l’Empire ottoman. Dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, cet art populaire urbain a été érigé au rang de patrimoine national. Dans le cadre de cette intervention, nous allons nous pencher, dans un premier temps, sur ce processus de patrimonialisation du théâtre d’ombres : la construction d’un objet d’étude, la fixation de son esthétique, sa transformation en un objet de conservation et de valorisation touristique, l’épuration des origines et la naturalisation du spectacle. Dans un deuxième temps, nous allons examiner les représentations dominantes et sa place dans l’imaginaire de la société grecque actuelle sous la lumière de deux événements : d’une part, la décision de l’UNESCO de reconnaître le spectacle comme patrimoine mondial immatériel pour le compte de la Turquie, en 2010, et, d’autre part, la réaction de la Ambassade turque à Athènes (2012) face à une manifestation culturelle ayant pour objectif de promouvoir le théâtre d’ombres grec. Le but est de présenter les acteurs qui y sont impliqués et d’exposer un ensemble de discours fondés sur des lectures du passé ottoman « à géométrie variable ». Il s’agira de montrer que ces discours d’appropriation d’un héritage partagé (patrimoine balkanique, national, supranational, universel) se déclinent de façons multiples : tantôt ils se plient à la vision dominante du passé, tantôt ils se trouvent en négociation avec elle.

  • Aylin de Tapia (Post-doc LabexMed, IDEMEC) :
    Le patrimoine grec-orthodoxe ottoman dans la Turquie républicaine : mise en valeur, en tourisme ou en friche ?

Il sera question dans cette présentation d’un patrimoine historique et architectural peu évoqué dans le contexte turc, à savoir les monuments (civils et religieux) construits à l’époque ottomane par les chrétiens orthodoxes (Rums/Grecs) et aujourd’hui localisés en Turquie. Avec l’échange de populations entre la Grèce et la Turquie décidé à Lausanne en 1923, les populations grecques-orthodoxes d’Anatolie (ainsi que musulmanes de Grèce) sont contraintes de quitter leur région et de laisser derrière elles un patrimoine immobilier important. En Anatolie, le patrimoine grec-orthodoxe ottoman, aussi souvent appelé "post-byzantin", a longtemps été dissimulé ou "volontairement oublié" par les politiques patrimoniales de la République de Turquie mais fait l’objet depuis les années 2000 de nouvelles formes de valorisation. En passant par une comparaison avec les politiques visant le patrimoine orthodoxe de l’époque byzantine et grâce à plusieurs exemples situés en particulier dans les régions d’Istanbul, d’Izmir et de Cappadoce, nous étudierons les évolutions des politiques patrimoniales à partir de trois concepts qui, selon les espaces, se succèdent dans le temps ou au contraire s’installent de manière concomittante : mise en valeur, mise en tourisme et mise en friche.

A retrouver sur le carnet du LabexMed