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Accueil > Manifestations scientifiques (colloques, rencontres-débats...) > Séminaires « IREMAM accueille » > En 2017-2018

Matthieu Cimino

par Marie-Pierre Oulié

Matthieu Cimino
Historien et politologue



Depuis l’avènement de l’État islamique (Dā’ish), très peu de travaux, ont cherché à questionner l’idéologie territoriale et les représentations spatiales qui sous-tendent l’imaginaire politique du mouvement salafi-djihadiste. En soi, si le groupe s’est engagé avec une célérité notable dans une entreprise massive de conquête, ce dernier ne communique guère sur la manière dont il se représente ce territoire et, plus largement, le territoire.
Ainsi, comment l’EI projette-t-il sa conception du monde qui l’entoure dans une réalité spatiale ? Que signifie les notions d’espace, de territoire et de frontière(s) pour un mouvement transnational dont l’idéologie transcendante en appelle à l’unité́ d’une Ummah fondée sur le refus d’appartenance aux groupes ethniques, raciaux et nationaux traditionnels ?

Pour aborder ces questions, cette communication s’appuiera sur l’analyse systématique de centaines de documents de propagande produits par l’État islamique, entre 2015 et 2016. En plus de fascicules distribués sur les territoires récemment tenus par le groupe, et récupérés lors de multiples terrains conduits au cours des derniers mois, l’auteur a pu se procurer des livres scolaires « officiels » de Dā’ish, à destination d’étudiants du secondaire, et notamment des dizaines d’ouvrages de géographie. Ces derniers constituent un socle du processus de création de sens et de matérialisation symbolique de l’imaginaire national et frontalier du groupe, tout particulièrement par leur diffusion à un public perçu comme étant l’« avenir » du groupe.

Matthieu Cimino est chercheur Marie-Skɫodowska Curie à l’université d’Oxford (Faculty of Oriental Studies, St Antony’s College, 2016-2018) et enseignant-vacataire en histoire contemporaine à l’IEP de Paris (campus euro-méditerranéen de Menton) ainsi qu’à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Diplômé de Sciences Po, il est également titulaire d’un Mastère spécialisé en management des risques internationaux de HEC Paris (2011) et d’un doctorat en science politique (IEP, Collège de France, 2013). À travers l’étude de cas des fermes de Chebaa, contentieux frontalier entre Israël, le Liban et la Syrie, sa thèse portait sur les conditions d’émergence et de légitimation des disputes territoriales et leur rôle en tant que vecteurs d’affirmation nationaliste.

En 2015, en tant que chercheur post-doctoral à l’université de Tel-Aviv (centre Moshe Dayan), il a travaillé sur la politique syrienne d’Israël depuis 1948. À Oxford, il conduit actuellement un projet Horizon 2020 intitulé “The Fall of a Colonial Legacy : A Modern History of Syrian Borders (1920-2015)”.

En France, il est associé à l’IREMAM d’Aix-en-Provence dans le cadre de l’appel à projets “Attentats-Recherche” du CNRS et boursier de la Fondation des Sciences Sociales (promotion 2017).

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