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IREMAM - MEMOIRES MEDITERRANEENNES


© Colin Miège – Reproduction interdite

Présentation d’un fonds photographique exceptionnel sur le Maroc du début XXe (1912-1933)

par Colin Miège

Jeudi 17 septembre 2015, 14h-16h
MMSH, Salle G. Duby

Désiré SIC (1883-1972), photographe amateur dès les années 1900, fait trois séjours au Maroc entre 1912 et 1933, comme sous-officier puis officier du Génie.

Bénéficiant d’une autorisation de photographier accordée par les autorités militaires il a réalisé en plus de 1 500 photographies sur plaques de verre, souvent de grande qualité, de véritables reportages sur les premières années du protectorat qui présentent un intérêt autant historique qu’ethnologique et géographique.

Colin Miège, son petit-fils, a entrepris la numérisation de ce fonds, jusqu’à maintenant conservé dans sa famille et totalement inédit, qu’il souhaite rendre accessible aux chercheurs et au grand public tant en France qu’au Maroc.

C’est dans ce souci qu’il a contacté l’association Mémoires Méditerranéennes qui organise avec l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM) cette première rencontre avec le monde de la recherche.

Présentation de Désiré Sic, par Colin Miège

Né à Entrevaux dans les Basses-Alpes en 1883, Désiré Sic s’est passionné très tôt pour la photographie, qu’il a pratiquée assidûment durant une bonne partie de sa vie. Après l’avoir découverte au début des années 1900, il commence à prendre de multiples photographies dès son arrivée au Maroc en 1912 en tant que militaire du Génie, et poursuit son activité sur le front de France entre 1915 et 1917, grâce à l’autorisation de photographier accordée par les autorités militaires. Il continuera à prendre des vues jusqu’à la fin des années trente dans ses diverses affectations militaires, aussi bien au Maroc qu’en France, et réalisera plus de 4 000 photographies, constituant de véritables reportages ethnographiques et historiques.

Homme du sud et montagnard, Désiré Sic a éprouvé à l’évidence un vif intérêt pour les paysages du Maroc, ses habitants et les coutumes de la société marocaine qu’il découvre lors de son premier séjour en 1912. Les clichés de cette période constituent un témoignage rare sur des modes de vie rudes et ancestraux, et sur les débuts de la présence coloniale française. Le photographe se met souvent en scène, seul ou avec des proches, tout en captant les images des éléments les plus pittoresques qui retiennent son attention. Lors de ses deux séjours d’après-guerre au Maroc, son intérêt pour ce pays qui s’ouvre à l’influence occidentale et qui évolue alors rapidement ne faiblit pas. Il est certain que Désiré Sic s’est senti en symbiose avec la rudesse du climat et avec l’âpreté des paysages de ce territoire qui lui rappelle ses Basses-Alpes natales. Ainsi, sur une vue d’El Hadira prise au début des années vingt, il note qu’elle « présente quelque ressemblance avec la vallée du Var », dont le fleuve ceinture le village d’Entrevaux. Il apprend aussi l’arabe afin de converser plus aisément avec « ses ouvriers indigènes », et son type physique basané facilite son intégration, lui permettant même à l’occasion de se fondre à eux.

Les photographies stéréoscopiques sur plaques de verre, qui constituent le témoignage le plus emblématique du parcours militaire de Désiré Sic au Maroc, avaient été rangées par leur auteur dans des boites en carton, qui constituaient le conditionnement d’origine des plaques vierges (de format 6 x 12). Elles étaient regroupées le plus souvent par thèmes (Maroc avant-guerre, Maroc après-guerre, scènes de genres, etc.), sans toujours respecter un ordre chronologique ni même un classement rigoureux. A l’intérieur des boîtes, figurent parfois des annotations manuscrites qui permettent opportunément de localiser avec précision certaines photographies. De même, les clichés de personnages sont fréquemment accompagnés de leurs noms. Toutes ces photographies et archives sont restées quasiment inexploitées jusqu’en 2010, date à laquelle les négatifs ont pu être numérisés. Rapprochées des documents de toute nature accumulés par le photographe au cours de ses séjours, elles se complètent tel un « puzzle » pour constituer un ensemble particulièrement éclairant sur les premières années de la colonisation du Maroc, qui correspondent pour l’essentiel à la période du protectorat incarné par Lyautey.
Ces photographies inédites, outre leur qualité esthétique liée au choix des sujets comme au soin dans la prise de vue et le cadrage, présentent un réel intérêt historique et patrimonial. Ces raisons ont justifié leur communication aux archives du Maroc, en vue de les porter à la connaissance des chercheurs et du grand public.

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