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Poétique de l’éloge. Le panégyrique dans la poésie d’al-Aḫṭal

par Anne DEBRAY-DECORY





Mohammed Bakhouch
Poétique de l’éloge
Le panégyrique dans la poésie d’al-Aḫṭal

Préface de Claude Audebert, Professeur émérite de l’université d’Aix-Marseille

IFAO, Collection : TAEI 52,
Avril 2015, 528 p.







Art séculaire et bien vivant aujourd’hui, le panégyrique [madīḥ] n’a pas suscité beaucoup d’intérêt parmi les chercheurs. Pourtant, l’analyse des madīḥ-s, datés et authentiques, du célèbre « chantre des Umayyades », al-Aḫṭal [m. 710] montre que loin d’être un simple portrait flatteur et surfait de l’homme de pouvoir ou du dignitaire, le panégyrique, en érigeant le dédicataire [mamdūḥ] en modèle, devient de facto le réceptacle des valeurs cardinales auxquelles adhère toute une société. La figure incarnée par le dédicataire est un idéal à atteindre et le discours poétique se charge de rappeler à ses récepteurs les valeurs qui en sont le fondement, contribuant ainsi à leur perpétuation.

D’autre part, le panégyrique mobilise la mémoire collective, réécrit inlassablement l’histoire de la communauté, et célèbre bruyamment ses nouveaux exploits.

Il est également un poème dans lequel s’exprime une vision du monde et un imaginaire fertile, nourris par des croyances et des mythes, désormais dégradés, dont l’origine remonte à des temps immémoriaux, et qui sourdent des topoi et des figures de style qu’il recèle (que l’on pense, par exemple, au récit du voyage dans le désert à dos de chamelle [raḥīl]).

Sur le plan de la structure, le poème de madīḥ se révèle être, non pas une juxtaposition d’éléments disparates, mais un ensemble organiquement uni, dans lequel différentes composantes (le prologue amoureux [nasīb], et/ou le raḥīl, et/ou la satire [hiǧāʾ]), sont, pour des raisons diverses, susceptibles de figurer. Leur présence, conditionnée par les circonstances de la composition ou de la performance, relève du seul choix du poète et d’un projet poétique intentionnellement conçu.

Enfin, considéré dans une perspective maussienne (voir l’Essai sur le don), le panégyrique s’inscrit dans le cadre d’un échange de dons. Motivé par la ḥāǧa [requête], il constitue le don par lequel le poète oblige son dédicataire.

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