Partenaires

 



Rechercher



Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
Contact

Accueil > Séminaires de Master et de recherche > Séminaires inter-laboratoires de la MMSH (2010-2019) > En 2014-2016

Séminaire inter-laboratoires MMSH (IMAF-IREMAM) (2015)

Circulations et empires : expérimenter les histoires connectées
(Méditerranée, Moyen-Orient, Afrique - XVIe/XXe siècles)

Responsables : Juliette Honvault, Simon Imbert-Vier, Hervé Pennec et Iris Seri-Hersch

Dans leurs déclinaisons les plus récentes, les études impériales s’inscrivent dans le droit
fil des histoires “croisées” ou “connectées” en vogue depuis une décennie. En témoigne
toute une série de colloques et de séminaires organisés en France et en Europe ces
dernières années [1]. Histoire connectée, transferts transimpériaux, rencontres d’empires,
circulations, network turn… Si ces notions semblent parfois être utilisées à des fins
rhétoriques, elles ont également fait l’objet de réflexions critiques. Ce séminaire propose de
partir d’une synthèse de ces réflexions pour interroger, à nouveaux frais, l’histoire des
empires, en prenant pour entrée principale la notion de circulation. Celle‐ci renvoie à
des mouvements d’objets, de biens, d’idées ou de personnes au sein d’un espace ou entre
des espaces. Ces mouvements interpellent les constructions territoriales et administratives
que sont les empires, aussi bien dans les imaginaires des acteurs d’empires que sur le terrain
des interactions sociales. Il s’agira d’une part de mesurer ce que des circulations, à la fois
produit et productrices de connexions, font aux empires, comment elles contribuent à les
façonner. Il s’agira d’autre part de réfléchir aux façons par lesquelles des empires
engendrent, encadrent, transforment, entravent des circulations.

L’usage du concept de circulation présente plusieurs avantages heuristiques : il permet
de dépasser le problème du choix de l’échelle d’observation et de contourner les difficultés
inhérentes aux approches “macro” (dont l’appréhension d’un empire comme un “tout”
comporte des risques de réification et de généralisations excessives) et “micro” (qui
présentent le danger d’une singularisation extrême ou d’extrapolations abusives lorsque
l’empire est appréhendé à partir d’une de ses provinces). Aborder les questions impériales
par les circulations, c’est également éviter le piège d’une vision dichotomique qui dresserait
trop frontalement un centre face à des “périphéries” ou à des “marges”. En outre, tracer des
circulations intra et transimpériales permet de ne pas confiner, de façon arbitraire, des
processus historiques à des unités territoriales délimitées par le pouvoir central. Se poser la
question des circulations, c’est, de fait, questionner les frontières internes et externes d’un
empire, leur sens pour les acteurs, leur effectivité, leur porosité. Enfin, un tel angle
d’approche permet d’appréhender dans un même cadre analytique des empires territoriaux
(ottoman, éthiopien) et coloniaux (français, britannique, italien, portugais), deux catégories
d’empires qui relèvent d’historiographies traditionnellement séparées.

Ce séminaire invite ainsi à réinterroger, au prisme des circulations, les histoires
impériales des espaces de la Méditerranée, du Moyen‐Orient et de l’Afrique à la période
moderne et contemporaine. Les “objets circulants” seront volontairement variés et les
échelles d’observation plurielles. Des réflexions pourront être développées notamment, et
non exclusivement, à partir des questionnements suivants :

  • Le cadre politique ou administratif d’un empire facilite‐t‐il nécessairement les
    circulations en son sein ? Faut‐il concevoir l’empire comme un espace de
    circulations ?
  • Quels types de circulations l’établissement d’un empire engage‐t‐il ? La
    transformation des distances parcourues influe‐t‐elle sur la nature des produits
    échangés, sur l’instauration de nouveaux réseaux ?
  • Comment les administrations impériales traitent‐elles des circulations dont les
    empires héritent ? Celles‐ci se trouvent‐elles modifiées par l’ouverture des
    frontières/horizons ?
  • En quoi le cadre impérial est‐il pertinent pour les “objets” ou personnes qui
    circulent ? Comment ce cadre affecte‐t‐il les circulations ?
  • Effets des circulations sur les circulants et les espaces de circulation : comment les
    objets circulants transforment‐ils les espaces (géographiques, sociaux, culturels)
    qu’ils traversent/rencontrent et, inversement, comment les circulants sont‐ils
    transformés/façonnés par leur expérience dans (ou leur interaction avec) ces
    espaces ?
  • Contrôle des circulations : quelles circulations échappent à l’empire ? Les frontières
    impériales ont‐elles un sens pour celles et ceux qui les traversent ? Influent‐elles sur
    la valeur de ce qui est transporté ? Quel est le rôle des frontières, des postes de
    douane, de la diplomatie, dans le contrôle des circulations ?
  • Comment des circulations à l’échelle impériale modifient‐elles les savoirs locaux et
    les rapports sociaux ?
  • Quels éléments d’un empire seraient‐ils masqués par l’étude des seules circulations,
    et quels biais cette approche introduit‐elle pour la compréhension des empires ?

1 “Enseignement et colonisation dans l’Empire français : une histoire connectée ?” Colloque international, Ecole Normale Supérieure de
Lyon, 30 septembre, 1 et 2 octobre 2009, http://colonisation‐enseignement.ens‐lyon.fr/ ; “Violences coloniales, violences impériales :
comparaisons, circulations, transferts (XIXe‐XXe siècles)”, séminaire du Centre d’histoire de Sciences Po Paris, 2014,
http://calenda.org/271356 ; “Encounters of Empires : Interimperial Transfers and Imperial Manifestations (1870‐1950)”, colloque
international, Cologne, Allemagne, 17‐18 janvier 2013, http://hsozkult.geschichte.hu‐berlin.de/tagungsberichte/id=4801 ; “After Networks :
New Directions in the History of the British Empire”, Colloque international, University of Aberdeen, Royaume‐Uni, 19‐20 avril 2013,
http://www.abdn.ac.uk/global‐security/news/programme‐after‐networks‐/ ; “Connected Histories of Empires”, Colloque international,
Bristol, Royaume‐Uni, University of Bristol, Centre for the Study of Colonial & Postcolonial Societies, 16‐17 juillet 2013,
http://www.bris.ac.uk/arts/research/events/2013/1650.html

Calendrier 2015

Vendredi 16 janvier 2015, 10h-13h, MMSH, Salle 102
Romain Bertrand (CERI) : "Au terminus de l’empire. Circulation des savoirs et fabrique des pouvoirs dans la Manille de l’après-Conquête (c. 1565-1580)"

Vendredi 20 février 2015, 10h-13h, MMSH, Salle 102
Hervé Pennec (IMAF) : « Circulations et empires. Réflexions autour de circulations parmi les missionnaires au XVIIe (Ethiopie-Goa-Rome-Lisbonne)"

Vendredi 20 mars 2015, 10h-13h, MMSH, Salle 102
Juliette Dumas (AMU-IREMAM) : "Les circulations font-elles l’empire ; ou l’empire définit-il les circulations ? Quelques réflexions à partir du cas ottoman (15e-18e s.)"

Vendredi 17 avril 2015, 10h-13h, MMSH, Salle 102
Simon Potter (University of Bristol) : "The Mass Media and how the British Public Imagined the Empire"

Vendredi 22 mai 2015, 10h-13h, MMSH, Salle 102
Thomas Glesener ( TELEMME) : "Contrôle et répression des chrétiens d’Orient dans l’Europe catholique au XVIIIe siècle"

Vendredi 19 juin 2015, 10h-13h, MMSH, Salle 102
Hervé Pennec (IMAF) : « Circulations et empires. Réflexions autour de circulations parmi les missionnaires au XVIIe s. (Ethiopie-Goa-Rome-Lisbonne)"


[11