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Amin Allal (ED 67)

Ecole doctorale « Sciences juridiques et politiques » (ED 67)

d’Amin Allal

- Lundi 9 décembre 2013, 14h00, Sciences Po Aix –Salle D003- Espace Philippe SEGUIN -

« L’autoritarisme participatif. Politiques de développement et protestations dans la région minière de Gafsa en Tunisie 2006-2010 »

Sous la direction de Mohamed Tozy.

Jury

M. Philippe Aldrin, Professeur des Universités, IEP Aix-en-Provence.

M. Michel Camau, Professeur des Universités à la retraite IREMAM.

M. Olivier Fillieule, Professeur à l’IEPI - Université de Lausanne, (rapporteur).

Mme Béatrice Hibou, Directrice de recherche CNRS, CERI- Sciences Po Paris, (rapporteur).

M. Jay Rowell, Directeur de Recherche au laboratoire SAGE, Strasbourg

M. Mohamed Tozy, Professeur des universités, IEP d’Aix-en-Provence et à l’université Hassan II de Casablanca (Directeur de thèse)

Résumé

L’oxymore qui constitue le titre de cette thèse présente l’intérêt d’accentuer la contradiction entre un régime qui est censé interdire, réprimer et censurer – et qui le fait – et, en même temps, un gouvernement et un Etat qui intègrent l’allocation de ressources matérielles, de gratifications symboliques et la mobilisation des subalternes dans l’exercice de la domination. La focalisation sur la configuration régionale de Gafsa a permis l’étude synchrone de dynamiques relevant de ces deux registres habituellement séparés : la "participation" promue par les développeurs – et ses effets sur les rapports ordinaires au politique - et la protestation collective, celle du bassin minier de 2008, ce qu’elle donnait à voir et produisait sur ces mêmes rapports ordinaires au politique.

L’injonction à la "participation" des populations n’est pas propre aux démocraties occidentales, des politiques de développement international affichent aussi la "participation de la société civile" dans la région de Gafsa. Ces acteurs allogènes entendent promouvoir " un développement local participatif" et pour ce faire, initient des dispositifs d’aide aux associations locales. L’analyse de cette action publique, en se focalisant sur les différents entrepreneurs associatifs impliqués et les multiples publics visés, permet de comprendre les diverses intermédiations locales dont l’horizon indépassable était le parti quasi unique. Cette thèse analyse ces dispositifs participatifs et leurs appropriations à partir d’un matériau ethnographique et prosopographique recueilli entre 2006 et 2010, via une démarche inductive et une "description dense" des rapports ordinaires au politique. Les politiques "participatives" contribuent à la construction des figures symétriques des "bons pauvres" et des "bons experts", rôles auxquels les acteurs tendent à se conformer. L’étude des pratiques et logiques de domination, mobilisation, consentement, prise de parole, résistance et contestation observées permet, en creux, de comprendre les mécanismes de commandement et les effets de légitimation du régime autoritaire. Ici, la "participation" n’est pas tant l’objet de l’analyse qu’un analyseur des effets de la domination politique du régime et des capacités des acteurs à la contourner (ou pas) et à composer avec. Sortir des référentiels cognitifs de la "participation démocratique" – implique alors d’analyser les (contre-)conduites des acteurs et organisations concernés autant au sein qu’en dehors de ces dispositifs "participatifs" : le choix des enquêtés appartenant à un espace politique interrelationnel le permet. Avec l’avènement de protestations collectives à partir de 2008, les effets légitimateurs de la "participation" vacillent, se dispersent, voire se désagrègent. L’autoritarisme participatif désigne donc à la fois le type de domination autoritaire analysé et les formes des différents registres de participations politiques que cette domination tend à encourager, cadrer et canaliser, ou au contraire à interdire et à réprimer. Grâce à cette démarche longitudinale, nous espérons ainsi contourner deux oppositions par trop naturalisées : d’une part, la dichotomie entre consentement et révolte ; d’autre part, une opposition d’échelle entre individus (ou petits groupes) et structures.