Partenaires

CNRS
 



Rechercher



Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
Contact

Accueil > Formation à la recherche (Masters, ED, soutenances...) > Thèses soutenues depuis 2007 > En 2013

Bruno Lefort

Ecole doctorale « Sciences juridiques et politiques » (ED 67)

Bruno Lefort, IEP Aix
- Vendredi 13 décembre 2013, 14h, salle du Conseil de l’Université de Tampere (Finlande)

A Recited Community : Figures of an Identity Foretold.
Narrating Heritage and Positioning Boundaries among Student Partisan Groups in Plural Lebanon.

Une communauté récitée : figures d’une identité rapportée. Interpréter héritages et frontières au sein de groupes partisans étudiants dans le Liban pluriel.

sous la direction de Tuomo Melasuo et Elizabeth Picard

JURY

Président : Christian KRÖTZL, Professeur de Sciences Sociales à l’université de Tampere (Finlande)

Rapporteurs : Mohamed TOZY, Professeur, CHERPA, Sciences Po Aix et Pertti MULTANEN, Professeur, IDS, Université d’Helsinki (Finlande)

Directeurs : Elizabeth PICARD, directrice de Recherche émérite au CNRS – IREMAM et Tuomo MELUSUO, Professeur, TAPRI, Université de Tampere (Finlande)

Suffragants : Elise FÉRON, Senior Lecturer in International Conflict Analysis, University of Kent, Brussels School of International Studies, et Sune HAUGBOLLE, Professeur Associé, Université de Roskilde (Danemark)

Résumé

A travers l’étude de l’engagement étudiant au sein d’un parti politique libanais, le Courant patriotique Libre (CPL), ce travail entend explorer les dynamiques de production de l’attachement et de constitution des groupes sociaux au sein d’une société plurielle. Mobilisant une approche pluridisciplinaire, il se fonde sur une enquête de terrain de plusieurs années au sein de trois institutions universitaires implantées à Beyrouth. La thèse centrale est que la narrativité, parce qu’elle est à la fois action de mise en représentation et assignation de sens, constitue un des modes de construction et de réalisation privilégiés du lien social reposant. L’adhésion renvoie ainsi à l’insertion au sein d’une communauté d’interprétation, dont il est possible de distinguer analytiquement trois dimensions. Appartenir à un groupe partisan signifie tout d’abord se positionner au cours des activités de la vie quotidienne. Ces positions sont construites dans l’espace et le temps de l’interaction par la mobilisation de récits identitaires collectifs et de présentation de soi révélant frontières et démarcations. En ce sens, le groupe devient une communauté de médiation, jouant le rôle d’interface entre l’individu et le monde social extérieur. Appartenir à un groupe partisan signifie ensuite s’insérer à une communauté humaine, régie par des modes d’interactions routinisés et des représentations dominantes. L’apprentissage de cette culture et de ces croyances partagées conduit l’incorporation de figures institutionnalisées et structurées par les dynamiques et les relations de pouvoir internes au groupe qui composent le modèle sur la base duquel l’adhésion est interprétée en fonction des aspirations et des trajectoires personnelles. Appartenir à un groupe partisan signifie enfin inscrire son moi au cœur d’une mémoire multi-vocale, inspirée par l’ensemble des groupes sociaux dont le collectif porte les héritages. Le parti se fait alors communauté d’intégration, dans la mesure où la mémoire qu’il revendique organise autour d’une mise en intrigue spécifique l’intégration au sein d’une narration unique la pluralité des mémoires vives de ses membres comme la diversité des cadres sociaux qu’elles intègrent. En ce sens, les adhérents du groupe partisan représentent des figures d’une identité recomposée. Le détour par l’analyse de la narration de l’attachement permet ainsi de dégager les caractéristiques du lien partisan dans le Liban pluriel contemporain, fondé sur l’affectivité et l’activation de frontières identitaires produites dans et par l’interaction.