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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
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Gilles de Rapper

L’atelier cinématographique de l’IREMAM
Séminaire doctoral IREMAM
Responsables : Fabienne Le Houérou, Kamel Chachoua et Sabine Partouche (IREMAM)



Mardi 18 juin 2013, 9h30, MMSH d’Aix-en-Provence, salle Paul-Albert Février

Gilles De Rapper, chargé de recherches à l’IDEMEC
L’appareil d’Etat. La photographie dans l’Albanie communiste.

La période communiste en Albanie (1944-1991) a été un moment de production photographique intense, notamment — mais pas seulement — pour des besoins de propagande. Après une « transition » brutale et destructrice au début des années 1990, le besoin de retrouver la mémoire de cette époque — parfois sur un registre nostalgique — a lentement émergé avec l’idée de préserver ce qui apparaît désormais comme un patrimoine photographique. Conservées, collectionnées, publiées, numérisées ou détournées, certaines de ces images sont toujours présentes aujourd’hui, même si leur signification et leur valeur se transforment et se réinventent continûment. Beaucoup d’autres ont été détruites ou dorment encore dans des endroits oubliés.

Cette séance rendra compte d’une enquête menée conjointement par une photographe et un ethnologue sur le destin de la photographie dans l’Albanie contemporaine. Nous sommes partis à la recherche des témoignages photographiques de l’époque communiste, dans les institutions d’État comme dans les albums de famille des villes et des villages ; nous avons rencontré les photographes et leurs modèles et recueilli leurs souvenirs et impressions sur la période de la « photographie sous contrôle », lorsque tous les appareils photographiques étaient au service de l’État ; nous avons suivi leur adaptation au contexte contemporain et observé les usages présents de ces images, attentifs à leurs modalités de conservation ou de partage, aux narrations qu’elles suscitent aujourd’hui.

Contribution à l’histoire de la photographie (par la révélation d’aspects méconnus de la production photographique en ex-Europe de l’Est) et aux études post-communistes (par la lecture des bouleversements de la société albanaise à travers l’itinéraire d’un groupe professionnel, celui des photographes), cette recherche est aussi une expérience d’anthropologie visuelle associant une photographe et un ethnologue aux compétences et aux intérêts complémentaires. Les images photographiques sont à la fois un objet d’étude et un outil d’enquête, un moyen de susciter la parole et les émotions de ceux qui les conservent, qui les découvrent ou qui les ont perdues.

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