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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
5 rue du Château de l'Horloge
BP 647
13094 Aix-en-Provence
France
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Accueil > Séminaires de Master et de recherche > Séminaires inter-laboratoires de la MMSH (2010-2019) > En 2011-2012

Genre et sexualité au prisme des religions dans l’espace méditerranéen

Séminaire inter-laboratoires IDEMEC-IREMAM

Coordonné par Lisa Anteby-Yemini (IDEMEC), Florence Bergeaud-Blackler et Katia Boissevain (IDEMEC).

Programme des séances

17 novembre 2011, 14h-16h (salle G. Duby)
- Lisa Anteby-Yemini (IDEMEC) : Pureté/impureté féminine dans le Judaïsme ;
- J.-M. Chouraqui (CEJ) : "Masculin et féminin dans le judaïsme : pistes pour une première approche"


15 décembre 2011, 10h-12h, (salle PAF)
- Katia Boissevain (IDEMEC) : Se convertir au protestantisme évangélique au Maghreb : quel rôle pour les femmes ?
- Myriam Laakili (IREMAM) : Les femmes converties à l’Islam en France : construction d’une nouvelle féminité ?


12 janvier 2012, 10h-12h (salle 101)
- Abderrahmane Moussaoui (IDEMEC) : Sexualités et nouvelles formes d’alliances au Maghreb.


9 février 2012, 10h-12h (salle 101)
- Florence Bergeaud-Blackler (IREMAM)

De la sexualité « halal » : réflexions autour du premier "sex-shop" halal européen

Dans les familles musulmanes de France la sexualité reste un sujet « honteux »[1]. Pourtant écrivait A. Bouhdiba (2003, réed. 1975) « l’islam ne cherche nullement à déprécier, encore moins à nier le sexuel. Il lui confère au contraire un sens grandiose et lui donne une investiture transcendantale telle que la sexualité se trouve déculpabilisée. Prise ainsi d’emblée en charge la sexualité devient jaillissante et joyeuse » (p.8). « Pour l’islam, la sexualité n’est pas tabou » entend-on dire et répéter dans les fora islamiques, les associations, les mosquées, ou dans des ouvrages destinés aux fidèles consacrés aux questions matrimoniales, à l’éthique, à l’éducation, ou au plaisir sexuels. Le vécu musulman contrasterait avec « ce que dirait l’islam » le champ de la sexualité s’ouvrant dès lors comme un nouvel espace à « islamiser ». Quels sont les formes et les enjeux de cette (ré)islamisation des discours lorsqu’ils portent sur la sexualité ? Quels sont ces discours et comment sont-ils produits ? Se limitent-ils à la seule sphère religieuse légitime ? Dans quelle mesure sont-ils inspirés et portés par les débats publics sur la redéfinition des normes sexuelles, matrimoniales, de filiation ? Bref comment fabrique-t-on une sexualité halal aujourd’hui en Europe dans le 21° siècle naissant ?

- Justin Mc Guinness (American University of Paris)

Fréquentation des sites de rencontres « gays » au Maroc

Mithly.net : site web identitaire marocain, lieu de représentation et de résistance Avec l’essor du Web 2.0, des nombreux groupes minoritaires ont trouvé dans les plateformes numériques des lieux d’une accessibilité inattendue pour faire entendre leurs voix. La présente communication offre une lecture d’un webzine identitaire marocain, mithly.net, qui se veut un endroit privilégié pour l’expression d’une certaine sensibilité gay – ou plutôt d’une sensibilité mithly, pour employer le néologisme mis en avant par les contributeurs au site. Cette communication situe l’expérience de mithly.net<http://mithly.net> par rapport aux travaux examinant l’interface entre les médias et l’émergence de sexualités alternatives dans des régions en dehors du monde nord-atlantique. Elle essaie de cerner les différentes facettes discursives de mithly.net, aussi bien par rapport à une société marocaine en pleine mutation que par rapport au discours gay global. En quoi Mithly.net est-il un lieu de résistance aux discours hégémoniques sur la sexualité et l’identité au Maroc ? En quelle mesure exploite-t-il les possibilités offertes par la technologie numérique pour faire circuler des revendications au niveau des droits civiques ? Cette communication.se<http://communication.se> veut un élément dans une étude plus large sur l’utilisation des sites numériques gays au Maroc et le vécu de tous les jours. Mithly.net s’avère un lieu d’intimité culturelle où se croisent les discours du journaliste militant, de l’individu qui se façonne, du groupe identitaire émergeant et de l’Etat-nation faiseur de normes.


15 mars 2012 (salle 9) 9h30-12h30
9h30-12h30 - MMSH Aix, salle 9

- Yohaï Hakak (University of Portsmouth, GB) : Jewish Ultra-Orthodox Male Bodies in Migration : Negotiating the Religious Text and Secular Jewish Israeli Male Bodies

Résumé : As a fundamentalist religious Jewish group, the Israeli Haredi (Ultra-Orthodox) community claims to adhere to stable fundamentals of belief which also shape the male body as different from the secular Israeli male body and as opposed to it. In this presentation, I will question such claims by focusing on how young Israeli Haredi men construct their bodies in relation to the secular Israeli body, which is considered their principal “Other”. I will show that due to the processes the Haredi community is undergoing, and especially the transition of many men from protected Haredi space to wider Israeli society, the secular body’s influence on the Haredi body is increasing in some respects. Other aspects of the Haredi body remain constant and form a challenging alternative to the secular male body.

- Gianfranco Rebucini (LAIOS-EHESS, Paris) : "Masculinités hégémoniques et subalternes entre discours de la morale et éthique de soi au Maroc".

Résumé : À la suite de mon travail de terrain à Marrakech, j’ai pu constater la co-existence de deux épistémologies définissant les catégories sexuelles au Maroc : une épistémologie de la sexualité de généalogie « locale » sur laquelle reposent les pratiques homoérotiques non-identitaires, et un système « globalisé » de genre/sexualité concernant les identités gay et hétérosexuelles de plus récente introduction.

À partir de cette distinction, j’essayerai de proposer une analyse des différents modèles de masculinités distinguant à la fois des formes hégémoniques et subalternes dans chaque modèle pris en compte. Plus particulièrement, en prenant comme exemple emblématique le « faux mariage homosexuel de Ksar el Kebir » de 2007, mes analyses s’attacheront à cartographier les réactions moralisatrices dans la société marocaine vis-à-vis des formes identitaires de sexualité et des pratiques corporelles des hommes. De plus, j’essayerai de montrer comment ces identités et ces pratiques corporelles peuvent donner lieu à une cristallisation de rejet dans le champ de la morale religieuse, mais aussi à des formes d’éthique de soi dans la construction de la masculinité.


12 avril 2012 , 10h, (MMSH, salle 101)
- Fabienne Le Houerou (IREMAM) : "Le monde selon Zuba" Possession d’un zar masculin ».

Le zar est une cérémonie de possession qui, à l’inverse de l’exorcisme, relève de l’adorcisme. Le rituel du zar accepte le génie possesseur et ne cherche pas à l’expulser. Il s’agit au contraire de l’amadouer, de le dompter au cours d’un rituel où la musique tient une place très importante.

Il est question d’un rituel originaire de l’Afrique de l’Est. les anthroplogues sont consensuels sur les origines abyssines de ce rituel. Le zar a circulé avec les esclaves le long du Nil et s’est durablement implanté en Egypte au XX e siècle par les esclaves abyssines des harems. D’autres interprétations font remonter le zar aux temps pharaoniques.

Depuis le XX e siècle le zar s’est enraciné dans les milieux urbains défavorisés. C’est au vieux Caire, dans le quartier de Dar-El hammar, que les séances les plus célèbres se déroulent aux rythmes de tambourins endiablés. Fréquentées par des femmes des milieux populaires, les séances de Zar sont des espaces de liberté où les femmes se libèrent de leurs tâches quotidiennes. Elle dansent parfois toute la nuit encadrées par des musiciennes et une cheikha détenant une autorité incontestée. En 2002 Zuba fréquentait le cercle du dar el-hammar deux fois par semaines. C’était l’occasion de véritablement se livrer à un "défoulement" ritualisé et autorisé. Nous présenterons un document filmé en 2002. Un plan séquence qui tente de montrer la fluidité du rituel en saisissant la circulation d’un imaginaire musulman et chrétien. Aux croisements des deux confessions le zar dépasse les clivages et abolit- l’espace de la danse- les frontières religieuses.

La séance nous fera découvrir le monde de Zuba, un monde où la femme s’adapte au démon qui l’habite. En effet Zuba est possédée par un prêtre orthodoxe ce qui lui ouvre droit aux boissons alcolisées pendant les séances.Le zar s’impose ainsi come un "outil d’évasion" et de contournements des interdits.