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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme Iremam
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La crise des relations euro-méditerranéennes

Séminaire MMSH inter-labos

Laboratoires de la MMSH associés au projet : Iremam, Telemme, Lames

Groupe de pilotage : J-R Henry, A. Donzel, G. Dorival, G. Groc, B. Mesini B. Morel.

Séance N° 2 : Le retour des acteurs civils dans l’espace méditerranéen

Lundi 7 novembre 2011 de 9 H 30 à 13 H, MMSH salle 101

Consulter le séminaire 2010-2011

Le développement, la diversification et le rôle des « acteurs civils » évoluant dans l’espace méditerranéen sont un champ de recherche qui a été longtemps délaissé, sauf par les chercheurs qui s’intéressaient à la dimension humaine des relations euro-méditerranéennes. Depuis plusieurs années, la montée en puissance et en visibilité des acteurs civils et de leurs revendications a pourtant fait bouger certains dossiers en matière de droits de l’homme, y compris des droits déniés par les logiques interétatiques comme le droit à la libre circulation. On a relevé aussi le rôle croissant que les acteurs civils occupent dans les opérations de coopération « décentralisée » menées par des instances publiques non étatiques (collectivités locales, établissements universitaires, fondations parlementaires…). Mais c’est évidemment le « printemps arabe » et ses suites au sud et au nord qui ont fait exploser la visibilité des acteurs civils et invité à reproblématiser l’étude de leur rôle dans les relations euro-méditerranéennes.
Trois exposés sont prévus pour cette séance : celui de Béatrice Mésini (TELEMME) sur « Expressivité des sociétés civiles en Méditerranée : Le « Maghreb des peuples » dans les Forums sociaux 2000-2010 ; celui de Salam Kawakibi (Arab Reform Initiative) sur la mobilisation des sociétés civiles dans le « printemps arabe » ; et celui d’Ali Bensaad (IREMAM) sur les mobilisations transnationales de réseaux de migrants au sud de la Méditerranée en matière de droits de l’homme (en dernière minute, celui-ci, en déplacement à l’étranger, nous informe qu’il n’est pas certain de pouvoir participer à la séance).
Autres auteurs de brèves interventions : Mounira Chariet, François Siino.

La revue Maghreb-Machreq est intéressée par la publication d’un dossier sur le retour des acteurs civils.

A l’occasion de la réunion, nous ferons le point sur les évènements d’actualité qui font sens dans les relations euro-méditerranéennes (comme l’intervention militaire en Libye), et sont susceptibles d’engager de nouveaux scénarios de ces relations.

Rappel de l’objet du séminaire

Ce séminaire qui se réunit au moins deux fois par an a pour objectif de maintenir une veille scientifique sur les relations euro-méditerranéennes actuelles, leurs crises et leurs acteurs. Il concerne des membres de plusieurs laboratoires composant la MMSH et divers partenaires locaux concernés par cet objectif.

La constitution d’un groupe de suivi sur les relations euro-méditerranéennes vise à reconstruire, avec les outils, la distance et l’esprit critique du chercheur, les questions posées par l’évolution de ces relations. Ce qu’on appelle depuis plusieurs années la « crise » du partenariat euro-méditerranéen est un lieu propice d’observation de la tension croissante qui s’observe entre logique interétatique et logiques civiles, entre acteurs « d’en haut » et acteurs « d’en bas » dans l’espace méditerranéen. Cette tension a été exaltée par la mobilisation des sociétés civiles dans le « printemps arabe », mais elle est aussi mise en évidence par l’intervention militaire de certaines puissances européennes en Libye, qui n’est pas nécessairement convergente dans ses modalités avec toutes les attentes des sociétés civiles arabes.

A travers ce séminaire, il s’agit aussi de renforcer la capacité de la MMSH à observer et analyser des enjeux politiques euro-méditerranéens qui ont une incidence sur nos activités et notre propre jeu d’acteurs non-étatiques dans l’espace méditerranéen. Ce suivi des relations politiques euro-méditerranéennes ne se confond pas avec l’activité du pôle Euromed de la MMSH, dont la vocation est d’abord de saisir les opportunités offertes par la politique de recherche européenne.

Le séminaire s’adresse à un groupe de travail dont la composition, largement ouverte, comprend, à côté des chercheurs intéressés de la MMSH, des universitaires, chercheurs, observateurs ou acteurs appartenant à notre environnement proche. Dans un domaine de recherche qui colle à l’actualité, il est nécessaire pour notre bonne information de favoriser le dialogue avec les acteurs politiques, sans pour autant abandonner notre posture de recherche.

Chaque séance du séminaire, d’une demi-journée, est organisée autour d’un thème et de deux à trois intervenants, dont un externe. Les résultats de ces rencontres ont vocation à être publiés sur le site de la MMSH ou dans des publications ciblées (comme le dossier sur le devenir méditerranéen publié dans la revue Rayonnement du CNRS).

Bilan de la précédente séance

La première séance du séminaire a eu lieu le 3 mai 2011 sur le thème :

La crise du système institutionnel euro-méditerranéen. Interprétations et perspectives.

Deux exposés avaient été présentés, le premier sur la crise de la politique méditerranéenne de l’Europe (Jean-Robert Henry), dont le texte avait été diffusé auprès des participants, et le second sur la nécessité d’une « révolution mentale » et d’un changement de paradigme dans les relations euro-méditerranéennes (par Eduard Soler, chercheur au CIDOB, de Barcelone, qui avait été associé aux initiatives de la présidence espagnole de l’Europe au 1° semestre 2010 visant à relancer le dialogue politique euro-méditerranéen). Par ailleurs, un texte de Jean-François Coustillière avait été distribué aux participants, ainsi que la revue Rayonnement du CNRS sur le « devenir méditerranéen »

Le débat qui a suivi a réuni une vingtaine de participants.
Un des principaux points évoqués a été la comparaison des approches française et espagnole de la question méditerranéenne. L’initiative française a accentué les différences et les concurrences entre les politiques méditerranéennes des deux Etats, même s’ils sont parmi les seuls en Europe à rester attachés au projet d’Union pour la Méditerranée, pour des raisons différentes : la France, parce qu’elle est prisonnière de son projet, L’Espagne, parce qu’elle est soucieuse de conserver le siège du secrétariat de l’UPM. Tout en ménageant sa relation avec la France, et malgré la crise financière qui pèse sur sa politique étrangère, l’Espagne a essayé d’européaniser le projet Sarkozy et d’empêcher que les relations euro-méditerranéennes soient complètement discréditées et inopérantes au moment où le « printemps arabe » les rendrait utiles.

Un autre point du débat a porté sur les scénarios possibles des relations euro-méditerranéennes :
- soit la paralysie du système euro-méditerranéen conduit à sa disparition et à son remplacement par le vide, le sous-régional, ou encore relance du dialogue euro-arabe ;
- soit les Européens se contentent de changements cosmétiques d’ordre rhétorique au système euro-méditerranéen, la commission se soumettant aux attentes des Etats, principalement des pays du sud de l’Europe ;
- soit s’impose un changement de paradigme, visant à favoriser le passage d’une logique de défense des intérêts nationaux et de contention des problèmes (notamment en matière de mobilité des personnes) à la redéfinition d’une politique euro-méditerranéenne globale accordée à la légitimité des nouveaux pouvoirs qui émergent au sud. Ce ne pourra se faire avant fin 2011, ni au moins avant la réunion des Nations unies sur la question palestinienne en septembre 2011. En attendant, il conviendra de prêter attention aux textes publiés par la Commission européenne sur la politique de voisinage.

Une suite du séminaire en matière de publications a été un article paru fin juin dans la revue Projet, qui partait de l’exposé initial présenté par J. R. Henry, en prenant en compte certains éléments du débat. De même, Eduard Soler a tenu compte de nos échanges dans ses articles ultérieurs. Par ailleurs, des échanges sur le contenu du séminaire se sont poursuivis avec des chercheurs ou des acteurs politiques qui n’avaient pu participer à la réunion.

Une autre séance du séminaire est prévue au premier trimestre 2012 sur Les nouvelles perspectives de coopération en matière de recherche et d’échanges universitaires. Nous avons sollicité à cette fin la participation de Michèle Gendreau-Massaloux, Gilles Dorival, Gérard Dufour, François Siino.

Avant cette séance, l’actualité nous obligera peut-être à réserver une séance supplémentaire aux nouvelles stratégies qui se dessinent dans l’espace méditerranéen depuis le printemps arabe et depuis l’intervention de puissances européennes en Libye, des stratégies qui remettent en cause les problématiques euro-méditerranéennes classiques. L’ambition régionale turque, les débats électoraux français/européens et la montée en puissance des acteurs civils dans la région sont aussi des facteurs qui incitent à s’interroger sur les nouveaux scénarios possibles des rapports entre l’Europe et les sociétés d’outre-Méditerranée. Nous discuterons le 7 novembre de cette éventualité.

Consulter le séminaire 2010-2011

La crise des relations euro-méditerranéennes